Jupiter Ascending – Critique du film des Wachowski

Comment récurer une toilette contenant 176 millions de dollars...

11 février 2015 1 Par Louis-Philippe Coutu-Nadeau :
Dernière mise à jour : 2018/08/09 @ 9:30
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Comme en 1999 avec leur révolutionnaire cyberfilm The Matrix, Andy et Lana Wachowski nous convient à nouveau dans un univers fictionnel et technologique qui puise son inspiration un peu partout : de Star Wars à Beauty and the Beast, en passant par Cinderella, The Fifth Element, Men in Black, Three Little Pigs, Brazil et The Wizard of Oz.

Jupiter-Ascending

Née sous un ciel étoilé, Jupiter Jones (Mila Kunis) est promise à un destin hors du commun. Devenue adulte, elle a la tête dans les étoiles, mais elle enchaîne les coups durs et n’a d’autre perspective que de gagner sa vie en nettoyant des toilettes. Ce n’est que lorsque Caine Wise (Channing Tatum), ancien chasseur militaire conçu génétiquement, débarque sur Terre pour retrouver sa trace que Jupiter commence à entrevoir le destin qui l’attend depuis toujours : grâce à son empreinte génétique, elle doit bénéficier d’un héritage extraordinaire qui pourrait bien bouleverser l’équilibre du cosmos…

La course-poursuite de huit minutes autour des gratte-ciel et des ponts de Chicago (ville natale des Wachowski) est l’un des points positifs du film. C’est spectaculaire, surtout en sachant que six mois de tournage ont été nécessaires pour la réussir.

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Que ce soit Sean Bean (The Lord of the Rings: The Fellowship of the Ring, GoldenEye), Eddie Redmayne (récipiendaire de l’Oscar du meilleur acteur pour son rôle de Stephen Hawking dans The Theory of Everything) ou le caméo de Terry Gilliam (Brazil, Twelve Monkeys), je passe sous silence le jeu des acteurs secondaires tellement il est… secondaire.

En effet, il se situe en arrière-plan dans les coulisses de ce spectacle ambitieux/prétentieux qui se déploie aux quatre coins de l’espace, et ce, à grand renfort d’effets spéciaux numériques. À l’image de la géante gazeuse éponyme, il n’y a pas grand-chose de solide en son centre. Cela dit, en dépit de ses faiblesses scénaristiques (une récureuse de toilettes qui devient la reine de l’Univers, vraiment?), cette bande-annonce stroboscopique de 126 minutes en met plein la vue et plein les oreilles, ce qui ravira certains adeptes en quête de plaisirs épileptiques. Voici un exemple de dialogue qui m’a davantage fait vomir que rire :

Caine Wise : Your Majesty, I have more in common with a dog than I have with you.
Jupiter Jones : I love dogs, I’ve always loved dogs.

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Cette gibelotte composée d’ingrédients disparates tente, en vain, de nous raconter un conte de fées futuriste. Contrairement à The Matrix, la magie de Jupiter Ascending n’opère pas, en ce sens où jamais je ne me suis laissé bercer/berner par la houle de ce space opera en deux dimensions (seules les lunettes cheaps donnent l’illusion de la 3D!). Star Wars reste et restera Star Wars, et Tatum ne sera jamais le prochain Han Solo…

Bref, cette ascension jupitérienne marque plutôt, à mon avis, la chute wachowskienne, un peu à la manière de M. Night Shyamalan qui n’est plus que l’ombre d’un chef-d’œuvre. C’est sans Kunis tête…

Verdict : 4 sur 10