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12 Monkeys : une quête qui risque d’être longue

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12 Monkeysest une nouvelle série de 13 épisodes diffusés depuis la mi-janvier sur les ondes de SyFy aux États-Unis et Showcase au Canada.

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L’action débute alors qu’en 2043, 93,6 % de la population terrestre a été éliminée de la surface de la Terre en raison d’un virus qui n’a pu être contrôlé ou anéanti par l’être humain. Le citoyen James Cole (Aaron Stanford) est donc propulsé en 2013 afin d’assassiner le responsable de l’épidémie, Leland Goines (Zeljko Ivanek). C’est à Philadelphie qu’il fait la rencontre de Cassandra Railly (Amanda Schull), une brillante virologiste qui après quelques hésitations, accepte de l’aider dans sa quête.

Très libre adaptation du film éponyme de Terry Gilliam (1995), lui-même inspiré du court métrage La Jetée (1962) de Chris Marker, 12 Monkeys, après un pilote prometteur, nous plonge dans l’ennui le plus total dans les deux épisodes suivants. Mise en scène peu originale, rythme très lent avec des intrigues qui frôlent le remplissage, on en a surtout assez de ces représentations d’un futur apocalyptique malheureusement trop révélateur de la condition humaine.

Genre homogène

Nous sommes en 2013 alors que Cassandra est un éminent médecin spécialisé en épidémies et qui est en couple avec Aaron Marker (Noah Bean) qui travaille en politique à Washington. Sa vie va cependant prendre un tournant plus dramatique après avoir fait la connaissance de James, lequel disparaît devant ses yeux en direction du futur. Personne ne la croit, pas même Aaron et le couple se sépare. Sa carrière en pâti aussi et lorsqu’il réapparaît en 2015, elle n’a qu’une idée en tête, l’aider à éliminer Leland Goines, le grand patron de la mystérieuse Markridge Group. Mais ils découvrent que ce virus qui s’est manifesté dès 2017 et tué plus de 7 milliards d’êtres humains n’est pas l’œuvre d’un seul homme, mais de toute une organisation; l’armée des 12 singes.

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La seule personne pouvant répondre à toutes des interrogations est Jennifer Goines (Emily Hampshire), la fille de Leland qui est pour le moment soignée dans un hôpital psychiatrique. Autrefois engagée au laboratoire de son père, elle connaît surtout l’emplacement de la mystérieuse Night Room où le virus a été créé. Mais avant qu’elle ne puisse révéler quoi que ce soit, elle est kidnappée par un inconnu. Dans le troisième épisode, les voyages dans le temps se poursuivent alors que Jennifer a assassiné tous ses collègues du laboratoire à l’exception du Dr Henri Tousaint (Lyriq Bent) qui travaille désormais à Haïti suite au tremblement de terre qui a frappé le pays justement dans le but d’éradiquer une épidémie qui a vu le jour. Cassandra et James parviennent à joindre l’équipe afin d’en apprendre davantage.

12 monkeys syfy

Chaque chaîne câblée privilégie des genres en particulier et dans le cas de Syfy, c’est la science-fiction et l’horreur. Seulement, au fil des dernières années, on constate une certaine redondance de la chaîne quant à ses fictions et de ses acquisitions qui commencent à lasser. Du côté horrifique, Z Nation n’était qu’une pâle copie de séries comme The Walking Dead qui s’avérait un prétexte à nous montrer des zombies ou encore l’acquisition canadienne Bitten avec une saugrenue histoire de loup-garou sans grand intérêt. Côté science-fiction, la trame du virus destructeur a déjà été exploitée dans Helix qui en est à sa deuxième saison. Mais pire, c’est qu’on assiste au même genre de mise en scène avec des pièces éclairées au néon ou à l’inverse des intrigues se déroulant à grande majorité la nuit dans des villes désertes. 12 Monkeys a aussi hérité d’une trame narrative très lente ou les suppositions et élucubrations ombragent les moments où vient le temps d’agir. À trop vouloir comprendre, nous expliquer des détails de détails, on perd facilement n’importe quel téléspectateur, tout comme les incessants voyages dans le temps qui nous mélangent davantage qu’ils nous éclaircissent.

Pessimisme inéluctable?

Virus dans Helix, The Last Ship ou 12 Monkeys, planète infectée dans The 100 ou résidents vivant dans des bidonvilles dans Dominion, des femmes qui ne peuvent plus enfanter dans The Lottery, des robots semblables aux êtres humains, mais au service de la police ou du FBI dans Intelligence et Almost Humans : toutes ces séries jettent un regard pessimiste sur le futur de la terre. L’humain étant ainsi fait, c’est quasiment un châtiment inéluctable qui l’attend au détour pour avoir pêché, trop pollué ou guerroyé. Mais s’il y a un concept que l’homme s’obstine à ignorer, c’est la prévention avant justement qu’il ne soit trop tard.

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En effet, aucune série ne dépeint ce moment charnière où le pire pourrait être évité. Ironiquement, dans les premières scènes de 12 Monkeys, Cassandra s’adresse à une horde de scientifiques et leur livre un discours sur les virus qui à plusieurs moments de l’histoire ont ravagé des populations entières et elle propose même un plan international pour éviter que cela ne se reproduise. Et quand on se tourne vers le futur, visiblement ses paroles n’ont pas été prises au sérieux. De répéter ce même genre de fiction avec une vision du futur aussi pessimiste est devenu la norme, reconnaissant par le fait même que cette prévention n’intéresse personne; un triste reflet de nos pays qui font passer l’économie avant l’environnement, comme si ces deux concepts ne pouvaient aller de pair. Dans la série de SyFy, il ne reste plus que 6,4 % de la population mondiale encore en vie et ironiquement, tous les chefs qui se réunissent en conseil lorsque vient le temps d’envoyer James dans le passé pour rétablir la situation sont des fumeurs… allez comprendre.

12 Monkeys a connu un départ en trombe avec 1,35 million de téléspectateurs pour son premier épisode, ce qui lui a valu un classement dans le top 10 des émissions les plus regardées de la journée dans la tranche payante des 18-49 ans. Est-ce à cause de la notoriété dont jouissait le film de 1995? Il est vrai que le pilote soulevait beaucoup d’interrogations, mais depuis, la série a perdu quelques adeptes (1,1 pour le second et 0,9 pour le troisième). Reste à savoir si le virus qui touche la nouveauté de SyFy n’affectera pas aussi l’auditoire de façon irréversible…

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Jean-François Chartrand-Delorme

Ayant étudié en cinéma et en communications, depuis longtemps je suis habitué à l'évaluation, à l'analyse et à la critique de films. Au fil des ans, cette passion s'est davantage transférée vers les séries télé. La fiction m'intéresse davantage, mais les séries documentaires me fascinent aussi. Chacun de ces deux genres nous offrent un portrait de la société, son évolution et parfois sa régression. De plus, je me suis rendu compte assez vite qu'outre les séries québécoises et américaines que nous connaissons davantage, plusieurs autres pays dans le monde représentent une compétition sérieuse... au grand plaisir des téléspectateurs. Depuis quelques mois, je me suis mis à écrire des critiques, tout en travaillant dans les médias à temps plein. Ma règle d'or est de ne jamais juger une série par un seul épisode. Dans mon cas, la règle de trois s'applique, question de laisser la chance au coureur. En espérant pouvoir partager avec les lecteurs mes appréciations, découvertes et déceptions du petit écran et surtout échanger avec ceux-ci. Venez me lire!

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