Accueil » Nouvelles » À la Une » Chanson québécoise: pourquoi le «En francais» de PKP et les défenseurs de la langue ont tout faux

Chanson québécoise: pourquoi le «En francais» de PKP et les défenseurs de la langue ont tout faux

Merci de partager !
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Bon je m’obstine sur les réseaux sociaux depuis que l’histoire PKP a explosé avec son «en français SVP» et j’essaye de faire comprendre que la musique n’est pas une question de langue, mais de style et de culture.

top-200-des-chansons-quebecoises-qui-ont-marque-les-annees-2000-46108

En effet, pour comprendre ce qui arrive au Québec et à sa musique, il faut déchiffrer quelque chose de fondamental, la culture musicale est tout d’abord une question de style et de son et non une question de langue. Il ne faut pas oublier, cette base est très importante. Pourquoi? Les jeunes et les moins jeunes vont être en premier attirés par une sonorité, un «lifestyle», une apparence, un style de jeu et surtout une identité sonore, et ce, peu importe la langue ?

Il faut aussi concevoir une chose, le fan d’un style de musique souvent passe au-delà de la langue qui n’est selon lui qu’un vernis qui couvre une œuvre musicale. Le fan d’un style de musique, disons électronique, et bien il va écouter des chansons avec des paroles autant anglaises que françaises que espagnoles, car pour lui c’est la musique qui est importante et non les paroles, par contre, si la musique a des paroles en français, ça ne le dérangera pas non plus, car l’identité sonore qu’il recherche est présente dans la chanson. Donc, ce fan de musique électronique va autant écouter les Dj, Tiga (Quebec), que David Guetta (France), Tiesto (Pays-Bas) ou Tove Lo (Suède). Pour lui, l’origine et la langue qui est exprimée dans la musique n’est pas importante, c’est la musique et l’identité sonore qui prime et ce phénomène se retrouve dans tous les styles musicaux confondus que ce soit Hip Hop, Rap, métal, industriel, indie, rock etc.. Ce qui est important c’est le SON et non les paroles qui ne deviennent qu’un accessoire!

Pour ce qui est du festival de l’offuscation de la part de la caste politique et des gens obsédés par la langue qui politisent tout et qui veulent tout contrôler et mettre des quotas partout afin de gaver le public québécois et bien vous devez savoir une chose, les musiciens ont le droit d’exprimer leur art dans la langue qu’ils désirent et n’ont pas besoin de vos grands sermons et de votre morale à 2 sous. Un artiste a aussi le droit de voir plus loin que le Québec, la France et les autres pays de la francophonie et s’il veut faire de l’argent et faire partie de la méchante «industrie culturelle internationale» et bien c’est son droit le plus légitime et ce n’est surtout pas l’affaire des obsédés de la langue qui cherchent des poux ou il n’y en a pas.

PKP

Pierre Karl Péladeau (PKP)

Il y a plein de mélomanes qui ont des goûts différents et écoutent toute sorte de musique dans toutes les langues imaginables. Moi, par exemples, je suis fan de musique asiatique comme le K-pop jrock, jmetal et jpop. Mon groupe favori du moment chante en japonais, je ne comprends pas un mot de ce qu’elles chantent, mais j’adore leur identité sonore et leur style!

Même que cela me pousse à apprendre le japonais pour savoir ce qu’elles chantent et à utiliser Google traduction pour essayer de traduire les textes japonais des groupes que j’affectionne, en fait mon traducteur Google boucane, car la traduction du japonais au français ce n’est pas très naturel lol :p . C’est pour vous dire à quel point je suis loin des discours totalitaires culturels de Pierre Karl Péladeau et autres Bernard Landry qui essaient de nous faire la morale.

Pour moi, BABYMETAL – Megitsune est du bonbon autant visuel que musicale et c’est japonais.

Pour ce qui est de la marginalisation de la musique francophone, il faut admettre une chose, celle-ci se marginalise elle-même, car le star-système québécois valorise les artistes pop insipides établis par la patrouille du bon goût québécois et non les artistes de qualité ou émergeants. La grande majorité des artistes québécois francophone poussés par la machine médiatique sonnent tous pareil, il n’y a aucun changement, ni évolution depuis plus de 20 ans. Et détrompez-vous, je ne parle pas des artistes émergents et underground du Québec, car nous avons beaucoup de très bons artistes et beaucoup de talents, mais ceux-ci passent littéralement sous le radar des médias. Arcade Fire a passé à David Letterman 2 fois et reçu un Grammy avant d’être remarqué. Simple Plan a fait le tour du monde 3 fois avant même que leur nom soit prononcé dans les médias de masse.

ObeyTheBrave_Thierry-Lord_Epitaph_04_Web

Vous n’entendrez et ne verrez jamais le groupe québécois Obey the brave et leur chanson en français «Garde La Tete Froide» dans les médias québécois. Par contre, Quebecor, la SRC et autres médias de masse vont se charger de vous rentrer dans la gorge leurs artistes insipides et sans saveur mais qui sont dans la clique de l’ADISQ. Pendant ce temps et bien Obey The brave fait une tournée mondiale avec des gros noms du metalcore.

Pour prouver mes dires sur l’identité sonore dans les choix musicaux des mélomanes, cette chanson se nomme «Garde la tête froide, du groupe metalcore Obey The Brave, elle est chantée en francais. Croyez-vous que PKP va aimer plus cette chanson parce qu’elle est en français, qu’une chanson en anglais de Coldplay ou U2, par exemple ? Poser la question c’est y répondre n’est-ce pas!? PKP n’est pas un metalleux, donc même s’il aime la musique francophone, même s’il veut promouvoir la musique en francais, Obey The Brave n’est pas son «style», il ne se sent pas représenté par les paroles, ni par le son, ni par l’attitude de OTB même si le groupe chante en français. Par contre, je crois qu’il va aimer mieux une chanson de Céline Dion en anglais ou une chanson de Coldplay, qui sont beaucoup plus douces et mélodieuses, et ce même si les paroles sont en anglais.

La santé chancelante de la musique québécoise est uniquement due au système qui l’entretient et aux médias qui lessivent le cerveau des Québécois à grand coup de du Marc Dupré et Isabelle Boulé. Si les médias québécois entretenaient la scène musicale québécoise, toutes langues confondues et poussaient plus des artistes rock, indie, techno etc., on ne serait pas rendu là. Tsé quand le représentent du rock au Québec est Éric Lapointe depuis presque 20 ans, c’est signe que ça ne va pas bien. Quand les journalistes parlent de Johnny Hallyday comme une référence du rock, ils ne font que démontrer qu’ils ont passé les 30 dernières années dans le néant absolu.

Alissa White-Gluz

Alissa White-Gluz

Ces supposés connaisseurs ne savent même pas que Your Favorite Enemies existe, un groupe de Drummondville qui a joué partout dans le monde et qui font d’excellentes chansons rock (le vidéo en tête d’article). Ces mêmes grands journalistes ne savent même pas qu’une Québécoise du nom de Alissa White-Gluz est à la tête du groupe Arch Enemy, un des plus populaire groupe de metal moderne et qu’elle joue partout dans le monde entier et que ses vidéoclips sont visionnés des millions de fois sur Youtube. Ils ne savent pas non plus que son ancien groupe The Agonist, vient de sortir un nouvel album avec une nouvelle chanteuse et que ça torche en tabarnak. Vous savez quoi? Ils s’en foutent, ils ne veulent pas le savoir, pire, ils ne veulent pas que vous le sachiez, ils veulent vous garder captif.

Pour ceux qui font une obsession sur la «culture américaine» cela n’a plus vraiment rapport dans l’équation aujourd’hui avec internet qui a fait exploser les frontières linguistiques et culturelles. Je suis fan de K-pop, des girls-bands qui chantent en coréen… et c’est 100 x mieux que tout ce que font les États-Unis depuis environ 15 ans au niveau pop. Un groupe comme 2NE1 a d’excellentes chansons, un son de qualité et des mélodies accrocheuses et elles chantent en coréen. Si vous aimez, vous devez aussi jeter un coup d’œil à Girls Generation, T-ara, 9Muses et VIXX.

Il faut arrêter de jouer aux perdants et de mettre toujours ce qui nous arrive sur le dos des autres, à entendre certains défenseurs de la langue, c’est toujours à cause des «autres». Pourtant, ce qui arrive aujourd’hui avec la musique québécoise est justement à cause de nous et de notre système protectionniste, élitiste tricoté serré et fermé d’esprit. Les grands défenseurs de la langue comme Tania Longpré et son texte «RBO avait raison» font fausse route et cognent sur le mauvais clou. Tania fait justement l’erreur que les preux chevaliers de la langue française font, ce n’est pas à cause de la «musique américaine», ce qui arrive à notre culture est un cheminement de plusieurs années, sinon décennies de chauvinisme culturel et de nivellement vers le bas par une petite clique de gens bien placés qui veulent garder leurs privilèges et leurs monopoles. La culture québécoise est en train de se détruire de l’intérieur grâce à des matantes et des mononcles plus intéressés à aller dans les 5 à 7 pour avoir de grandes discussions intellectuelles ou/et flirter tout en riant de la population québécoise qu’ils méprisent et coïncidèrent comme des «régionaux et des ruraux» que de s’occuper de nos artistes et de la culture.

Encore une fois, pour prouver mon point, est-ce que Tania Longpré va préférer Kells et la chanson Se Taire et EHTS et la chanson Crucifere qui sont chantées en francais à l’artiste québécoise Elsiane qui chante en anglais ou les islandais de Sigur Ros? Vous voyez à quel point le débat sur la langue dans la musique est futile, pour ne pas dire inutile. La culture de la musique est une question de style et de son et non de langue.

Les talk-show québécois devraient aussi accueillir plus de groupes internationaux quand ils sont de passage à Montréal. C’est aussi une des choses qui fait mal à nos artistes, le fait que les talk-show et magazines télé reçoivent toujours les mêmes artistes. Pourquoi ne pas inviter le groupe québécois Chromeo à faire une chanson chez Salvail? Ici, le groupe sud-coréen Girls Generation est de passage chez David Letterman. C’est important, car en agissant ainsi les mains se serrent et les contacts se forment. Il ne faut pas oublier que l’industrie culturel c’est aussi se former un réseau de contact.

Le problème est aussi que ces gens se préoccupent plus de faire de la politique et de la sociologie que de s’occuper de musique. L’art n’a pas de limite linguistique, ils s’expriment de toutes les façons possibles et dans toutes les langues et nos décideurs culturels se doivent de supporter et promouvoir les bons artistes et ce indépendamment de la langue qui est utilisée, le principal c’est que l’artiste soit québécois. S’il chante en anglais et qu’il se croit assez bon pour conquérir le monde et bien c’est leur devoir de le supporter et de voir à ce que tous les outils soient disponibles pour lui. Les artistes qui ont des ambitions internationales, ce sont EUX qui vont faire tourner les phares vers nous, ce sont EUX qui vont faire que la culture québécoise va se vivifier, car ils vont attirer de nouveaux yeux et de nouvelles oreilles vers le Québec et par la bande les fans de ces artistes vont finir par découvrir d’autres artistes québécois plus locaux.

Avec BABYMETAL, j’ai découvert Aldious, un groupe power metal japonnais entièrement féminin qui dit faire du « Ladies metal ».

Voici l’effet qu’a fait BABYMETAL sur moi: ce groupe m’a fait naviguer Youtube à la recherche d’autres groupes japonais et ainsi j’ai découvert des groupes comme Fruitpochette, Sakura Gakuin, AKB48, DeathRabbits, Gacharic Spin, Aldious, Cyntia, Destrose et des dizaines d’autres. Mais encore, tous ces bands qui ont une certaine notoriété au Japon m’ont mené vers des groupes toujours plus underground et locaux et alors j’ai connu des bijoux de groupes comme PassCode, Necronomidoles, my-Butterfly, Wagakki Band, Albion, Kamen Joshi et plusieurs autres, et encore je n’ai même pas abordé le phénomène des idoles japonaises. Comme des centaines de fans, je veux maintenant aller au Japon voir des concerts de groupes japonais et découvrir encore plus leur culture. C’est de cette façon que ça fonctionne, les groupes internationaux renvoient souvent un vague d’intérêt vers leurs pays d’origine de la part des fans les plus durs et par la bande, les groupes plus locaux finissent TOUJOURS par en bénéficier.

my-Butterfly est un groupe japonais qui mélange rock alternatif et mélodie traditionnelle japonaise et instrumentation classique, j’ai découvert ce groupe grâce à BABYMETAL.

Sinon il y a des groupes japonais qui se sont eux aussi anglicisés et qui chantent en anglais et qui font une musique qui se rapproche de ce qui se fait en occident, mais tout en gardant une petite touche japonaiserie comme le groupe Crossfaith. Cela leur permet de jouer dans les gros festivals de musique européens et américains !

Commentaires Facebook

Articles connexes

Jean-François Cloutier

Je suis le fondateur de TVQC.com. Vous êtes passionnés de séries télévisées et vous trouvez que les médias de masse traditionnels font piètre figure à ce niveau? Soyez sans crainte, nous aussi!

Facebook Auto Publish Powered By : XYZScripts.com