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Eye Candy (2015) : stop dating!

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Eye Candy est une nouvelle série de dix épisodes diffusée sur les ondes de MTV aux États-Unis et MTV Canada depuis la mi-janvier.

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Ce thriller nous transporte à New York avec pour personnage principal Lindy Sampson (Victoria Justice) dont la jeune sœur Sara (Jordyn DiNatale) a été enlevée il y a trois ans et qui n’a jamais été retrouvée. Devenue depuis une pirate informatique hors pair, clandestinement, elle aide les familles dont un des membres a disparu puisqu’elle est capable d’avoir accès à la base de données de la police de la ville. Mais depuis que sa meilleure amie Sophia (Kiersey Clemons) l’a inscrite sur un site de rencontre, tous les hommes qu’elles côtoient (et bien d’autres) sont retrouvés sauvagement assassinés par un tueur en série qui fait une fixation sur la « perfection » de l’héroïne. La police a beau s’en mêler, rien n’aboutit.

Inspiré du roman éponyme de R.L. Stine, la série Eye Candy est d’un sensationnalisme grossier, à la fois prétexte à des scènes de violence gratuites et à promouvoir la programmation de la chaîne.

Un genre qui a ses limites

Voilà plusieurs années que la mère de Lindy et Sara est décédée. Elles ne parlent plus à leur père et vivent ensemble, jusqu’au jour où la cadette est enlevée en plein drive-in par un homme cagoulé qui s’enfuit ensuite dans les buissons. Depuis, plus de nouvelles jusqu’au jour où Sophia l’inscrit au site web Flurtual; un site de rencontre qui lui procure trois rendez-vous en une soirée. Au cours des jours qui suivent, deux d’entre eux sont retrouvés la gorge tranchée et avec un message pour Lindy : le tueur la retrouvera bientôt. Mais à quoi joue-t-il au fait? À quelques moments durant les épisodes, on entend ce malade s’adresser à la caméra sans qu’on puisse le voir et il nous avoue sa désillusion des rencontres qu’il a faite après s’être servi de Flurtual : « They’re all liars, playing their online games. » En effet, toutes ces personnes ont menti sur leur personnalité ou ont réussi à cacher quelque défaut corporel. Résultat : un homme qui se rongeait les ongles est retrouvé mort, les doigts coupés. Un autre qui portait des verres de contacts a les yeux crevés et une autre qui avait une dent jaune est édentée. Le tueur s’arrange pour que Lindy soit au courant, tout en lui envoyant des preuves diffuses comme quoi il serait responsable de l’enlèvement de Sara. Les choses se corsent encore d’un cran lorsque ce sont maintenant Sophia et Connor (John Garet Stoker) (un autre ami) qui sont personnellement menacés. Et ce n’est pas le policier Tommy (Casey Jon Diedrick), qui a lui aussi le béguin pour Lindy qui n’a les compétences pour l’arrêter.

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Le problème avec Eye Candy, c’est qu’on a l’impression d’assister un remake de la série de films Scream, mais en se prenant au sérieux, tout en cherchant à rendre crédible cette bande d’ados qui se prend pour des adultes. La jeune Lindsay est capable d’infiltrer le site de la police de New York aussi facilement que si elle faisait du magasinage sur Amazon, alors que c’est à peine si Tommy, chargé de l’enquête, a l’air majeur. L’autre défi du réalisateur : augmenter l’intensité des meurtres chaque semaine au point où ça devient ridicule. Certes, on comprend qu’on a affaire à un psychopathe, mais s’il est réellement amoureux d’elle parce qu’à son avis, elle est parfaite, en quoi cette surabondance d’hémoglobine est sensée la charmer?

On peut aussi affirmer que Eye Candy est la digne héritière de The Follwing, mais au moins dans la série de Fox, la folie meurtrière de Joe Carroll était motivée, entre autres, par les écrits d’Edgar Allan Poe et on pouvait concevoir que des esprits tordus se joignent à lui. Mais encore là, le genre thriller/gore a ses limites et déjà dans la deuxième saison on avait trop étiré la sauce et l’audience avait fondu de 35 %. En somme, un genre peu fédérateur sur le long terme s’il en est un.

Vous regardez MTV

Jusqu’à quelques années, des chaînes comme MTV ou MusiquePlus au Canada francophone ont fait leur marque en télévision avec la diffusion de vidéoclips, mais avec des sites comme Youtube, ce modèle s’est avéré obsolète et ces chaînes ont dû se réinventer… enfin presque. Ce qui agace avec Eye Candy, c’est qu’elle perd de sa crédibilité justement parce qu’elle peine à se dissocier de son ancienne image de marque qui a fait ses beaux jours. Ainsi, plusieurs séquences nous donnent l’impression de regarder des vidéoclips avec des plans au ralenti, des jeunes filles à moitié habillées, un montage saccadé, etc. À deux reprises, certains protagonistes qui sont en train de se doucher croient entendre un inconnu pénétrer dans leur appartement. On les voit ensuite explorer chaque pièce à moitié nus, des gouttes d’eau ruisselant encore sur leur corps.

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De plus, toutes les occasions sont bonnes pour voir Lindy et sa bande dans des fêtes où l’alcool coule à flot et les tenues osées sont de mises. Enfin, MTV, c’est la musique. Ainsi, on assiste par exemple à une scène où Lindy découvre son petit ami la gorge tranchée. Une musique accompagne cet instant dramatique et on peut apercevoir au bas de l’écran le titre de celle-ci, son interprète et on nous donne même le lien pour la retrouver gratuitement sur le site de MTV : belle façon d’autosaboter les moments de tension!

Eye Candy a attiré environ 590 000 téléspectateurs pour son premier épisode, 630 000 pour le second et 520 000 pour son troisième. Bien qu’il s’agisse d’une chaîne câblée, c’est chiffres n’ont rien d’impressionnant. Mais c’est surtout son taux de 0,22 % en moyenne chez les 18-49 ans qui fait mal à cette chaîne qui vise explicitement un jeune auditoire. Bonne chance à ceux qui auront la patience d’attendre le dixième épisode pour connaître l’identité du tueur, quoiqu’on peut miser sur Tommy ou Connor et avoir peu de probabilités de se tromper…

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Jean-François Chartrand-Delorme

Ayant étudié en cinéma et en communications, depuis longtemps je suis habitué à l'évaluation, à l'analyse et à la critique de films. Au fil des ans, cette passion s'est davantage transférée vers les séries télé. La fiction m'intéresse davantage, mais les séries documentaires me fascinent aussi. Chacun de ces deux genres nous offrent un portrait de la société, son évolution et parfois sa régression. De plus, je me suis rendu compte assez vite qu'outre les séries québécoises et américaines que nous connaissons davantage, plusieurs autres pays dans le monde représentent une compétition sérieuse... au grand plaisir des téléspectateurs. Depuis quelques mois, je me suis mis à écrire des critiques, tout en travaillant dans les médias à temps plein. Ma règle d'or est de ne jamais juger une série par un seul épisode. Dans mon cas, la règle de trois s'applique, question de laisser la chance au coureur. En espérant pouvoir partager avec les lecteurs mes appréciations, découvertes et déceptions du petit écran et surtout échanger avec ceux-ci. Venez me lire!

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