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Project Almanac ou pourquoi manipuler le sablier du temps pour jouer à être Dieu?

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Grâce à une machine à explorer le temps, cinq jeunes (David, Adam, Quinn, Jessie et Christina) modifient le passé et violent le principe de causalité selon lequel l’effet ne peut précéder la cause. Ils agissent d’emblée en ne pensant qu’à améliorer leur bien-être personnel, sans se soucier des paradoxes envisageables…

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Remporter 1,8 millions de dollars à la loterie (et ainsi débourser les 50 000 dollars requis pour une admission au Massachusetts Institute of Technology), faire la fête au festival de musique Lollapalooza se déroulant trois mois plus tôt, réussir un examen de chimie, se débarrasser d’un statut de souffre-douleur, tels sont des exemples de corrections apportées par nos visiteurs du futur.

Project Almanac (une production de Michael Bay dont le titre initial était Welcome to Yesterday) illustre à merveille les dangers d’un paradoxe temporel appelé le paradoxe du grand-père. Celui-ci se caractérise par une modification, qu’elle soit mineure ou majeure, dans le passé qui engendre un présent alternatif pour le voyageur du temps au moment de son retour. Étant cinq dans le film à entreprendre simultanément des voyages rétrogrades, les répercussions s’avèrent donc quintuplées et presque irréversibles. S’ensuit une lente descente aux enfers au cours de laquelle une transition efficace s’effectue de la comédie vers le drame, divisant même le film en deux parties distinctes.

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Dans la première moitié, plus légère, David (Jonny Weston) et ses amis découvrent un prototype de déplacement temporel dans le sous-sol de sa maison (son père, aujourd’hui décédé, travaillait pour les services secrets du gouvernement). Nous sommes témoins de leurs essais et erreurs, alors qu’ils terminent la fabrication de la machine, la testent, puis l’utilisent sciemment en respectant des règles strictes.

Dans la seconde moitié, plus sombre, nous assistons à leurs allers et retours multiples, alors qu’ils comprennent trop tard les conséquences de l’éventail des possibilités offertes. Pis encore, David cède à la tentation et va jusqu’à enfreindre la règle numéro un : ne jamais remonter le temps en solo…

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Pour son premier film dans la cour des longs-métrages, le réalisateur Dean Israelite épargne aux néophytes de la quatrième dimension (autrement dit de l’espace-temps) une logorrhée explicative qui les égarerait à mi-chemin. Il fournit également assez de détails aux passionnés pour étancher leur soif de vraisemblance. Par contre, s’il y a un défaut majeur à souligner, c’est la durée de la scène au festival Lollapalooza qui aurait mérité de passer sous la guillotine du montage pour être coupé de moitié. Elle représente ni plus ni moins un hiatus superflu entre les deux parties susmentionnées.

Le film en soi apparaît comme un enregistrement vidéo authentique qu’un des personnages (Christina, en l’occurrence, interprétée par Virginia Gardner) aurait capté en manipulant la caméra. Cette esthétique formelle du found footage était un pari risqué, mais son utilisation ici donne un sens à l’urgence de réparer les pots cassés. Cette caméra épaule facilite à la fois notre immersion dans le feu de l’action et notre processus d’identification au sort de nos héros, une identification renforcée par le fait qu’aucun des acteurs du film n’est une tête d’affiche reconnue.

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Dans son contenu, Project Almanac rappelle Back to the Future 2, avec le charisme d’un Michael J. Fox en moins. Il lui rend hommage à plusieurs niveaux, notamment dans le titre qui évoque l’almanach des sports employé dans le film culte de 1989. Dans sa forme, il renvoie plutôt au film de superhéros Chronique (2012), au film catastrophe Cloverfield (2008) et au film d’horreur Paranormal Activity (2007), tous des héritiers de l’avant-gardiste The Blair Witch Project (1999).

Une surprise qui, en raison de certaines qualités, possède un charme certain.

Verdict : 7 sur 10

Post-scriptum : Pour ceux et celles qui ont un esprit analytique et qui voudraient passer au crible toutes les subtilités de la scène finale, notez qu’il s’agit d’un autre paradoxe temporel appelé le paradoxe de l’écrivain

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Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Véritable cinéphile, Louis-Philippe Coutu-Nadeau est un scénariste-réalisateur-monteur qui a une cinquantaine de contrats à son actif en tant que vidéaste (mariages, captations d'événement, publicités, vidéoclips). Il s'occupe d'ailleurs de toutes les vidéos du concessionnaire Alix Toyota depuis juin 2013. Il a aussi été pigiste pour trois boîtes de production, soit le Studio Sonogram, VLTV Productions et Ikebana Productions. Sa filmographie personnelle présente pas moins d'une vingtaine de titres dont le film Khaos et la websérie Rendez-vous. Il possède un baccalauréat en études cinématographiques à l'UdeM et un baccalauréat par cumul de certificats à l'UQÀM (en scénarisation cinématographique, en création littéraire et en français écrit). Vous pouvez visionner son expérience contractuelle et son expérience personnelle sur son site officiel : www.lpcn.ca

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