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The Royals : famille Kardashian II

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The Royals est une nouvelle série de dix épisodes diffusée depuis la mi-mars sur les ondes de E! aux États-Unis et au Canada.

The Royals

L’action se déroule en Angleterre au sein de la famille régnante (fictive) des Henstridge alors que l’héritier de la couronne est mort dans des circonstances nébuleuses. Le roi Simon (Vincent Regan), très ébranlé par le drame, a dans la tête de demander au parlement de dissoudre la monarchie, ce à quoi s’oppose farouchement la reine consort Helena (Elizabeth Hurley). De leur côté, leurs enfants; le prince Liam (William Moseley) et la princesse Eleanor (Alexandra Park) multiplient les frasques pendant que le frère du roi, le prince Cyrus (Jake Maskall) guette le trône telle une proie.

Pas tout à fait une série parodique et encore moins dramatique, on ne sait trop ce que veut être The Royals. Les situations dans lesquelles les protagonistes se retrouvent sont peu crédibles et on en fait beaucoup trop du côté de la mise en scène. En somme, ce qui aurait pu être un plaisir coupable n’est en fait qu’une bien mauvaise fiction.

La nuit des scandales

Le train-train quotidien des enfants royaux n’a rien de bien estimable. Comme à son habitude, la princesse Eleanor a passé une soirée arrosée dans un club londonien et a fait la une des journaux à scandales. De son côté, le prince Liam s’est trouvé une nouvelle aventure d’un soir : Ophelia (Merritt Patterson) qui n’est nulle autre que la fille de Ted (Oliver Milburn), le garde du corps de Helena. Ces frasques, ajoutées à la mort du prince héritier lors d’une manœuvre militaire a tôt fait de convaincre le roi de mettre un terme à la monarchie, espérant ainsi sauver sa famille du naufrage. Lorsque Liam manifeste enfin son intérêt d’apprendre les rennes du métier, Simon se donne un peu de temps avant de prendre une décision. Mais reste qu’en amour, le garçon est un incorrigible infidèle malgré les beaux sentiments qu’Ophelia fait naître en lui. Le couple n’est pas au bout de ses peines puisque l’ex de Liam, Gemma (Sophie Colquhoun) revient dans le tableau et ne fait qu’intimider la nouvelle élue. Quant à Eleanor, elle ne vit que pour la drogue l’alcool et le sexe. Mais un soir, elle couche avec son nouveau garde du corps, Jasper (Tom Austen), qui l’a filmé et qui menace maintenant de mettre la vidéo compromettante en ligne. Enfin, leur mère Helena ne pourrait pas être plus indifférente du sort de ses enfants, tout occupée qu’elle est à tout faire pour rester jeune et accaparer l’attention des médias.

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Le principal problème avec The Royals est qu’on ne croit pas une seule seconde qu’on suit le quotidien de la première famille d’Angleterre. Le personnage d’Elizabeth Hurley qui peine à nous convaincre dans son rôle de mère et encore moins dans celui de reine aurait davantage sa place dans un soap de luxe du genre Revenge ou encore Dynasty (d’ailleurs, Joan Collins fera plusieurs apparitions au cours de la saison). Et comme il fallait s’y attendre, cette famille qui doit montrer l’exemple en raison de sa position est tout le contraire, si bien qu’on a cru pertinent d’amplifier leur travers. Cyrus est jaloux de son frère au point d’en venir à deux doigts de le tuer et il a même une aventure avec le premier ministre qui évidemment est lui aussi toxicomane et alcoolique. Quant aux filles du frère du roi, ce sont deux sottes qui ne savent même pas ce que voter signifie et qui ont peur par-dessus tout d’être déportées au Canada; le pays qui a donné naissance à Justin Bieber…

Si certains dialogues sont amusants (à un certain moment, la reine y va de cette remarque en parlant de Sir Elton John qui veut venir au palais : « Give someone a title and they treat the place like it’s a Starbucks »), ils siéent peu à une famille royale, tout comme le mot « bitch » qui revient à chaque deux phrases, perdant ainsi de son impact. Pas davantage de logique scénaristique alors qu’un soir après une marche dans la ville, Simon retrouve sa fille complètement saoule dans la cuisine et lui qui veut tellement le bien de sa famille n’a que ce conseil à lui donner : « Be good tomorrow ». En fait, ce sont tous les épisodes qui se révèlent insipides et le plus dommageable pour cette fiction est qu’il n’y a aucune continuité entre les épisodes si bien qu’on n’a aucune motivation pour être au rendez-vous la semaine suivante.

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Monarques de pacotille

Dans une de ses trop fréquentes crises de rébellion, Eleanor affirme pour justifier son comportement : « I’m just a bitch with money and power. But I do make it look good ». C’est là effectivement l’objectif principal de cette première fiction originale sur les ondes de E!, chaîne plus connue pour sa téléréalité sur la famille Kardashian. D’ailleurs, la promotion de cette télépoubelle est omniprésente durant les commerciaux de The Royals au point où on se demande si la série n’est qu’un simple faire-valoir. Sans nécessairement tomber dans la précision chirurgicale que l’on peut attribuer à Downton Abbey quant aux mœurs entourant les systèmes de classe, on aurait apprécié un minimum de réalisme sur le quotidien d’un palais royal, tout comme il aurait été logique d’apporter certaines intrigues politiques puisque la famille représente le pays tout entier. Mais non, c’est plutôt un défilé de mode, en passant par la lingerie, les tenues élégantes et les bijoux hors de prix, typique de E!, friande des tapis rouge. Et pour nous lever le cœur davantage, on retrouve dans cette mise en scène déjà très chargée une trame sonore qui ne nous donne jamais un instant de répit; un vidéoclip digne de MTV qui n’en finit plus de finir.

Au début mars, une vidéo concoctée par E! montrant un homme nu escaladant le palais de Buckingham a créé un vrai buzz sur les réseaux sociaux. Cette promotion de la série pour le moins aventureuse n’a pas pour autant attiré un grand nombre de téléspectateurs. Ils étaient environ 1,4 million devant leur téléviseur lors de la première avec un taux de 0,5 % sur la cible privilégiée des 18-49 ans et au troisième épisode, l’auditoire a fondu de moitié de même que le taux qui s’est retrouvé à 0,3 %. The Royals n’a plus beaucoup de marge de manœuvre, mais a quand même été renouvelée pour une seconde saison, deux semaines avant son lancement : une décision qui fait autant de sens que la série en somme…

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Jean-François Chartrand-Delorme

Ayant étudié en cinéma et en communications, depuis longtemps je suis habitué à l'évaluation, à l'analyse et à la critique de films. Au fil des ans, cette passion s'est davantage transférée vers les séries télé. La fiction m'intéresse davantage, mais les séries documentaires me fascinent aussi. Chacun de ces deux genres nous offrent un portrait de la société, son évolution et parfois sa régression. De plus, je me suis rendu compte assez vite qu'outre les séries québécoises et américaines que nous connaissons davantage, plusieurs autres pays dans le monde représentent une compétition sérieuse... au grand plaisir des téléspectateurs. Depuis quelques mois, je me suis mis à écrire des critiques, tout en travaillant dans les médias à temps plein. Ma règle d'or est de ne jamais juger une série par un seul épisode. Dans mon cas, la règle de trois s'applique, question de laisser la chance au coureur. En espérant pouvoir partager avec les lecteurs mes appréciations, découvertes et déceptions du petit écran et surtout échanger avec ceux-ci. Venez me lire!

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