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Justin Trudeau et le gouvernement Calinours

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Ainsi, notre nouveau premier ministre s’appelle Justin Trudeau. Muni de l’idéalisme bon enfant et du caractère de sa maman, mais protégé par le nom de son père, le député de Papineau a finalement réussi à passer de grand négligé à dirigeant d’un pays du G7.

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Le bellâtre bien intentionné, qu’on croirait sorti tout droit d’une comédie romantique des années 90, a su charmer ce Canada désespérément à la recherche de changement. Notre nouveau premier ministre est beau, jeune, dynamique et cool.

Or, je n’avais pas vu venir cette victoire majoritaire. Pourtant, j’aurais dû. Je dois bien avouer que j’ai été non seulement naïf, mais également aveugle. J’aurais dû voir que la clé de cette victoire libérale se trouvait tout autour de moi, dans ma génération, celle des Y.

En cette ère où pullulent les « social justice warriors » et les « safe spaces » infantilisants dans nos universités, à une époque où règnent simultanément narcissisme 2.0 et politiquement correct, un candidat comme Justin Trudeau ne pouvait que l’emporter de façon décisive. Notre nouveau premier ministre n’est ni sévère, ni austère. Il ne gronde pas ses petits, lorsque ceux-ci se font trop turbulents. Il n’a absolument rien du père de famille d’antan. Non, Justin est ce papa cool et moderne, qui veut être le meilleur ami de ses enfants, celui qui achète constamment la paix avec des cadeaux et des gâteries. À l’école où il enseignait jadis, le gentil Justin était le prof de théâtre, celui que les jeunes aimaient voir, celui qui n’hésitait jamais à faire des pitreries et des simagrées pour divertir la foule adolescente.

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Les coupures du méchant monsieur Harper vous faisaient peur ? Le gentil Justin vous dit « au diable l’équilibre budgétaire, nous vivrons sur la carte de crédit, dans l’instant présent, afin que tous soient contents ! » Vous trouviez le méchant monsieur Harper trop sévère envers vos amis musulmans ? Le gentil Justin vous promet solennellement qu’il les laissera porter tout ce qu’ils désirent en toutes circonstances. Pourquoi avoir des règlements ? Au diable notre identité, notre histoire, notre culture, ce ne sont que des lubies passéistes pour les réactionnaires et les vieillards ! Les règlements, c’est méchant et ça fait peur ! Au royaume de Justin, nous acceptons toujours les gens tels qu’ils sont. D’ailleurs, cessons de bombarder l’État Islamique. Après tout, nous réussirons assurément à les convaincre de cesser les décapitations en leur offrant fleurs, calins et bonbons !

Dans chacun de ses discours, Justin enfile les mièvreries, pétri de bons sentiments, avec le calme et la bonhomie rassurants d’un Passe-Montagne. Il vous flatte gentiment l’égo en posant avec vous pour un selfie, question que vous sachiez à quel point vous et seulement vous comptez à ses yeux. Même dans la victoire, alors qu’il vient pourtant d’écraser ses adversaires, il demeure magnanime, affirmant que « les conservateurs ne sont pas nos ennemis, ce sont nos voisins ». Justin est à la fois Jésus, Gandhi et Martin Luther King, le tout enrobé dans l’aura magnétique de la pop star contemporaine.

Tout ce que je viens de vous décrire serait sublime, si la politique n’était pas autre chose qu’un concours de popularité ou de générosité bienveillante. Or, tel n’est évidemment pas le cas et c’est bien ce qu’il y a de particulièrement décourageant, dans ce gouvernement nouveau genre. Cette nouvelle mouture libérale ne se soucie guère de l’administration rigoureuse d’une destinée collective. Justin Trudeau est moins un chef de gouvernement qu’une sorte de GO rassurant. Son père ne faisait certes pas l’unanimité, mais on ne peut affirmer sérieusement qu’il ne savait pas où il s’en allait. Il possédait cette aptitude qu’ont les leaders à amener le peuple là où il ne souhaite pas nécessairement aller de façon spontanée. Il était pour le Canada ce père fort et confiant, pas toujours plaisant et consensuel, qui se chargeait de mener à bien un authentique projet de société. Évidemment, Justin ne possède ni l’envergure, ni l’assurance, ni la force de caractère de son père. Qui peut l’imaginer, sans éclater de rire en quelques secondes, entrain de négocier face à face avec Vladimir Poutine ?

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Pourtant, c’est bien cet homme qui devra, d’ici quelques semaines et pour les quatre prochaines années, redresser notre économie et nos finances, relever des défis géopolitiques d’une complexité incommensurable et assurer le maintien d’un minimum de cohésion sociale dans un pays qui, contrairement à ce que semble imaginer le chef libéral, est parcouru de tensions palpables. « Bonne chance », vous dites ? Je ne crois pas que la chance suffira !

Source: http://gauchedroitistan.com/

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Evan J. Demers

Evan J. Demers

Né à Montréal, en 1985, je suis titulaire d'un baccalauréat de l'Université du Québec à Montréal en Animation et Recherche Culturelles. Je suis aussi et surtout chanteur métal, parolier, passionné de musique, de culture populaire, de politique, d'enjeux sociaux et d'humanité.

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