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Creed ou quand Balboa accorde une chance au fils illégitime de celui qui lui a offert une chance en or!

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Détrompez-vous : Creed n’est pas un spin-off bâclé destiné exclusivement à remplir le portefeuille des nababs de MGM, de la Warner et de New Line Cinema, mais bien un film dérivé réfléchi qui s’adresse à trois générations de spectateurs qui ont encouragé Rocky Balboa tantôt sur grand écran, tantôt sur VHS, tantôt sur Blu-ray/DVD. Et, de par son résultat satisfaisant, il envoie tout le monde au tapis pour le compte de dix.

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Adonis Johnson (Michael B. Jordan) est le fils d’Apollo Creed, ancien champion du monde des poids lourds, décédé avant même sa naissance. Malgré cela, ce pugiliste a l’œil du tigre, en ce sens que la boxe coule dans ses veines. Il se rend à Philadelphie, ville qui a été l’hôte d’un combat historique entre son père et Rocky Balboa (Sylvester Stallone). Il y retrouve cet adversaire de renom, devenu par la force des choses le meilleur ami d’Apollo, afin de lui demander de l’entraîner en vue d’un match déterminant, voire d’une carrière prometteuse.

L’idée derrière ce drame sportif revient au réalisateur Ryan Coogler dont le père était un fan inconditionnel de la franchise imaginée par Sylvester Stallone. Fort du succès de son long métrage Fruitvale Station primé à Sundance en 2013 (B. Jordan y défendait le rôle-titre), il a approché Sly avec la proposition de reprendre les traits de son personnage iconique pour une septième (et dernière?) fois. Il a accepté.

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Après Rocky en 1976, Rocky II en 1979, Rocky III en 1982, Rocky IV en 1985, Rocky V en 1990 et Rocky Balboa en 2006, Sly devient le mentor d’un jeune boxeur, et ce, d’une manière beaucoup plus réussie que dans le cinquième film où il entraînait Tommy Gunn (joué par le véritable boxeur Tommy Morrison). À noter que, à 69 ans, Sly a le même âge qu’avait Burgess Meredith (jouant Mickey, le mentor de Rocky, mort d’un infarctus du myocarde) au moment de la sortie du premier film en 1976.

Carl Weathers (Predator, Happy Gilmore), l’interprète d’Apollo Creed dans les quatre premiers chapitres, a déclaré au sujet de Sly : « Rien qu’en voyant la bande-annonce on sent que c’est peut-être sa meilleure performance à ce jour. Il marque sur tous les points et, s’il y a un vote, je voterai pour lui. »

À l’instar d’un Robert De Niro (Raging Bull), d’un Will Smith (Ali) ou d’un Jake Gyllenhaal (Southpaw), Michael B. Jordan (Fantastic Four, Chronicle) s’est soumis à un entraînement physique exigeant avant que son personnage monte sur le ring devant la caméra de Coogler. Il s’était ainsi astreint à un régime à base de poulet, de riz brun et de brocolis, tout en buvant trois litres d’eau par jour et en passant de longues heures au gym. Il est franchement crédible, égalant la performance de l’acteur à l’origine également des séries de films d’action Rambo et The Expendables.

Adonis porte la culotte d'Apollo à l'effigie du drapeau américain, sans oublier que leur ressemblance physique est... frappante!

Adonis porte la culotte d’Apollo à l’effigie du drapeau américain, sans oublier que leur ressemblance physique est… frappante!

Le compositeur suédois Ludwig Göransson (We’re the Millers) succède à Bill Conti (Rocky I-III et V-VI) et Vince DiCola (Rocky IV) pour la musique originale, laquelle manque un peu d’entrain en dépit de la reprise de Gonna Fly Now. Les films précédents nous ont tellement habitué à rythmer les entraînements et les combats qu’ils ont mis la barre un tantinet trop haute. Il faut remonter à Rocky IV pour assister à un entraînement de qualité grâce aux chansons Training Montage de Vince DiCola et Heart’s On Fire de John Cafferty.

Il est intéressant de constater la présence de deux plans-séquences virtuoses, l’un montrant un combat dans son intégralité avec une caméra dansante autour des deux adversaires, l’autre reproduisant une scène importante de Raging Bull (1980) durant laquelle le boxeur Jake LaMotta (Robert De Niro) marche depuis les coulisses jusque sur le ring.

Le budget de Creed est de 35 millions de dollars. À titre de comparaison, le premier film avait coûté 1,2 million de dollars, Le deuxième 7 millions, Le troisième 12,5 millions, le quatrième 31 millions, le cinquième 50 millions et le sixième 24 millions. C’est donc 160,7 millions au total, bien peu à côté des 1,271 milliard que les six premiers films ont récolté au box-office!

Il est d’ailleurs déjà question que le spin-off soit décliné en une suite ou une trilogie. Or, comme le répète Balboa à son apprenti : Un jab, un pas, un round à la fois…

Avec la résonance mythologique qui accompagne les prénoms d’Apollo et d’Adonis, le premier renvoyant au dieu grec de la lumière et le second au dieu grec de la beauté, il va sans dire que celui de Rocky occupe aujourd’hui, plus que jamais, une place convoitée parmi les figures divines de l’Olympe hollywoodien. N’y entre pas qui veut!

Non, Adonis ne porte pas le coton ouaté usagé de Rocky...

Non, Adonis ne porte pas le coton ouaté usagé de Rocky…

Bref, Creed se situe à mi-chemin entre l’héritage et l’hommage. Il propose une version réactualisée de ce que représente le personnage de Rocky Balboa depuis 40 ans, c’est-à-dire une adaptation cinématographique du rêve américain selon lequel n’importe qui peut aspirer à devenir quelqu’un d’important. C’est le cas de Sylvester Stallone : il est en train de s’imposer comme un candidat sérieux pour l’Oscar du meilleur acteur de soutien…

Avis aux connaisseurs et aux connaisseuses de la saga : vous saurez enfin qui, de l’Étalon italien ou de l’Astre du désastre, a gagné lors d’un troisième affrontement à huis clos entamé à la toute fin de Rocky III.

Verdict : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 sur 10. Ding! Ding!

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Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Véritable cinéphile, Louis-Philippe Coutu-Nadeau est un scénariste-réalisateur-monteur qui a une cinquantaine de contrats à son actif en tant que vidéaste (mariages, captations d'événement, publicités, vidéoclips). Il s'occupe d'ailleurs de toutes les vidéos du concessionnaire Alix Toyota depuis juin 2013. Il a aussi été pigiste pour trois boîtes de production, soit le Studio Sonogram, VLTV Productions et Ikebana Productions. Sa filmographie personnelle présente pas moins d'une vingtaine de titres dont le film Khaos et la websérie Rendez-vous. Il possède un baccalauréat en études cinématographiques à l'UdeM et un baccalauréat par cumul de certificats à l'UQÀM (en scénarisation cinématographique, en création littéraire et en français écrit). Vous pouvez visionner son expérience contractuelle et son expérience personnelle sur son site officiel : www.lpcn.ca

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