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Star Wars: The Force Awakens ou quand la Saga lucasienne passe en vitesse lumière, pour le meilleur et pour l’Empire!

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Force est de constater que Disney est rapidement devenu un géant de l’industrie cinématographique. Grâce à l’achat de Pixar Animation Studios en 2006, de Marvel Entertainment en 2009 et de Lucasfilm en 2012, l’Empire de l’Oncle Walt contre-attaque chaque année avec des superproductions plus divertissantes les unes que les autres. Préparez-vous : la Star Wars mania se déchaînera jusqu’en 2020, au rythme effréné d’un film par année, soit une nouvelle trilogie et trois spin-offs!

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La galaxie lointaine, très lointaine, imaginée dès février 1972 par George Lucas, prend l’affiche pour une septième fois (excluant les éditions spéciales et l’épisode 1 converti en 3D). Après A New Hope en 1977 (sous-titre présent qu’à sa ressortie en juillet 1978), The Empire Strikes Back en 1980, Return of the Jedi en 1983, The Phantom Menace en 1999, Attack of the Clones en 2002 et Revenge of the Sith en 2005, c’est au tour du très (trop?) attendu The Force Awakens de venir créer un véritable bouleversement dans la Force, pour le plus grand plaisir des spectateurs de la première et de la dernière heures!

Dans le cockpit se réunissent le réalisateur J.J. Abrams (Star Trek, Star Trek Into Darkness, Super 8, Mission: Impossible III), le scénariste Lawrence Kasdan (Star Wars: Episode V – The Empire Strikes Back, Star Wars: Episode VI – Return of the Jedi, Raiders of the Lost Ark) ainsi que la productrice Kathleen Kennedy (E.T. the Extra-Terrestrial, Schindler’s List, la trilogie Back to the Future). Ce trio vole à la rescousse d’une créature qui sombrait sous les retouches numériques de son créateur (voir mon article sur Lucas l’iconoclaste), afin de nous faire oublier la prélogie (épisodes 1 à 3) et nous rappeler l’essence de la trilogie originale (épisodes 4 à 6), laquelle se veut à l’origine de l’avènement du blockbuster tel que nous le connaissons aujourd’hui.

L’acteur Simon Pegg, interprète d’Unkar Plutt dans le film, ne mâche pas ses mots quand il est question de la trilogie sortie entre 1999 et 2005 : « Je n’ai aucun respect pour ceux qui pensent que ces films sont bons. Ils ne le sont pas. Ils sont même une monumentale incompréhension ce que les films originaux véhiculaient. Ils représentent une sorte d’infanticide… comme si George Lucas avait voulu tuer son enfant. »

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Passons maintenant au volet qui nous intéresse.

32 ans après la bataille d’Endor remportée par le Bien (celle montrée dans l’épisode 6), le Mal revient pour continuer la guerre. Les héritiers de l’Alliance rebelle forment aujourd’hui la Résistance, tandis que les survivants de l’Empire se sont ralliés sous le nom du Premier Ordre. Ces derniers viennent de mettre au point la Starkiller Base, une arme redoutable utilisant la puissance d’une étoile pour ensuite faire exploser son système planétaire. Nous sommes loin de l’Étoile noire qui ne pouvait réduire à néant qu’un seul corps céleste à la fois, comme Alderaan…

Du côté des gentils, il y a Rey (Daisy Ridley), une pilleuse d’épaves de la planète Jakku, Finn (John Boyega), le Stormtrooper matricule FN-2187 qui a déserté le Premier Ordre, Poe Cameron (Oscar « de la meilleure coiffure » Isaac), le pilote de X-wing le plus doué de la Résistance, et BB-8, un droïde astro-mécanicien. Ces protagonistes sont tous prometteurs, surtout Rey qui sort du lot grâce à son charisme inné. Quant à BB-8, il réussit à traduire un éventail d’émotions en dépit de sa carcasse sphérique.

Du côté des méchants, il y a Kylo Ren (Adam Driver), un homme masqué qui voue un culte à Darth Vador, le général Hux (Domhnall Gleeson, le grand frère Weasley de HP7), le dirigeant de la Starkiller Base, le capitaine Phasma (Gwendoline Christie), une Stormtrooper dotée d’une armure en argent, et Snoke (Andy Serkis, le Gollum de LOTR), le leader suprême auquel Ren et Hux se rapportent. Ces antagonistes déçoivent, ironiquement, par leur manque de méchanceté, à commencer par Phasma qui se veut complètement secondaire. Quant à Ren, il retire son masque beaucoup trop tôt, à la Spider-Man, détruisant au passage toute chance de construire un mythe autour de lui. Pourquoi les experts en arts martiaux Iko Uwais et Yayan Ruhian, vedettes des films The Raid et The Raid 2: Berandal, participent à une scène (inutile) s’ils ne font que parler sans remuer le moindre orteil?

Du côté des anciens, il y a le contrebandier Han Solo (Harrison Ford), son éternel bras droit Chewbacca (Peter Mayhew), la générale Leia Organa (Carrie Fisher), C-3PO (Anthony Daniels) et R2-D2 (Kenny Baker). La première apparition de chacun d’entre eux transpire la nostalgie au son de la musique de John Williams. Ford est surprenamment en forme du haut de ses 73 ans, faisant renaître « un nouvel espoir » pour Indiana Jones 5. Ces valeurs sûres permettent donc à la fois de faire le pont de 1983 à 2015 et de faire fi poliment des épisodes 1 à 3. Exit le « Je suis ton père ». Passez le flambeau et dites « Tu es mon fils ».

Ah oui, pendant que j’y pense, il y a Luke Skywalker (Mark Hamill), celui que tout le monde espère retrouver. Disons seulement que son nom apparaît quatre fois durant le générique d’ouverture. C’est tout dire…

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Décidément, Abrams était l’homme tout désigné pour reprendre les rênes des mains de Lucas. De John Ford (les paysages désertiques) à Akira Kurosawa (les chorégraphies des combats et la composition de l’image), en passant par Terrence Malick (la puissance du silence), il s’est laissé influencer par des monuments du cinéma pour mettre en scène le scénario. L’œil fanatique qu’il porte sur cet univers est incarné par une caméra qui capte tout à l’intention des fans.

Anthony Daniels, l’interprète derrière C-3PO depuis bientôt quarante ans, l’a si bien résumé au Guardian : « On a rapidement compris qu’avec J.J., on revenait à une sorte de réalisation à l’ancienne. On a des murs, des vrais plateaux! On n’a peut-être pas une vue depuis la fenêtre, mais on a une fenêtre. Qu’est-ce que je peux vous dire de plus? »

La conversion 3D de cette œuvre tournée en 2D rend le spectacle encore plus spectaculaire (imaginez le texte introductif en relief!), d’autant plus que ce spectacle bénéficie d’effets spéciaux traditionnels qui préfèrent le latex au CGI, exception faite de Snoke qui s’avère visuellement le personnage le plus raté.

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À une époque où les spoilers sont légion, comme en témoignent ces bandes-annonces qui en disent trop (celle de Southpaw ou celle de Terminator: Genisys qui montre le punch majeur du film) ou qui en disent trop peu (celle de Joy qui omet de mentionner que l’invention révolutionnaire n’est qu’un balai à vapeur), il est surprenant qu’un film-événement tel que Star Wars: The Force Awakens est demeuré aussi impénétrable.

J’applaudis Abrams pour le secret qu’il a su garder autour de certaines questions. Où est Luke, cette Arlésienne au cœur des débats qui n’a jamais été montrée? Pourquoi la Force s’est-elle réveillée et qui a le pouvoir de la contrôler? Que s’est-il passé entre Han et Leia? Le J.J. d’Abrams signifie-t-il Jeffrey Jacob ou Jar Jar?

Je déplore toutefois la quantité (et non la qualité) d’outils promotionnels qui ont circulé sur Internet et sur les réseaux sociaux avant la sortie. Trop de bandes-annonces, de TV spots, d’images, d’apparitions dans les publicités et de produits dérivés. Le 26 octobre 2015, soit une semaine après la mise en ligne de la première bande-annonce officielle, le réalisateur avait pourtant confié aux micros d’Extra qu’il n’aurait plus d’extraits avant la sortie en salles.

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Disney est en train d’étendre l’univers de Star Wars sur le modèle du Marvel Cinematic Universe, en proposant un film par an et en accordant de l’importance à un personnage ou à un groupe de personnages. Cette idée d’univers étendu est nouvelle à Hollywood, ce qui explique le recours quasi systématique aux suites, aux prequels, aux spin-offs et aux reboots. Rendez-vous le 16 décembre 2016 pour la sortie du premier de trois spin-offs, Rogue One: A Star Wars Story, lequel prendra place entre les épisodes 3 et 4 afin de nous montrer le vol des plans de l’Étoile noire par les rebelles de l’Alliance.

Bref, Star Wars: The Force Awakens est un blockbuster à la hauteur des attentes. Il répond à quelques questions essentielles, surprend au détour à deux ou trois reprises, en même temps qu’il prépare les deux épisodes postérieurs. Il y a des plans mémorables, mais aucune scène mémorable. À ce titre, même l’épisode 1 en avait deux, soit la course de podracers sur Tatooine et le combat contre Darth Maul sur Naboo…

Il s’agit d’une expérience à vivre sur grand écran et collectivement, en ce sens que la promiscuité d’une salle plongée dans la noirceur permet aux néophytes et aux érudits d’apprécier l’œuvre à sa juste valeur. Voyez l’intertitre « Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine… », puis entendez les premières notes du célébrissime thème de John Williams qui accompagne le défilement du prologue en trois dimensions : vos poils vont se dresser. À la fin de la projection, à la suite d’une fin ouverte expéditive qui aurait dû n’être qu’une scène post-générique à la Marvel, je me suis dit que je venais d’assister à ce que je voulais visionner en 1999, ni plus ni moins.

Verdict : 8 étoiles sur 10

Plan qui rend hommage à un plan du film Apocalypse Now (1979).

Plan qui rend hommage à un plan du film Apocalypse Now (1979).

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Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Véritable cinéphile, Louis-Philippe Coutu-Nadeau est un scénariste-réalisateur-monteur qui a une cinquantaine de contrats à son actif en tant que vidéaste (mariages, captations d'événement, publicités, vidéoclips). Il s'occupe d'ailleurs de toutes les vidéos du concessionnaire Alix Toyota depuis juin 2013. Il a aussi été pigiste pour trois boîtes de production, soit le Studio Sonogram, VLTV Productions et Ikebana Productions. Sa filmographie personnelle présente pas moins d'une vingtaine de titres dont le film Khaos et la websérie Rendez-vous. Il possède un baccalauréat en études cinématographiques à l'UdeM et un baccalauréat par cumul de certificats à l'UQÀM (en scénarisation cinématographique, en création littéraire et en français écrit). Vous pouvez visionner son expérience contractuelle et son expérience personnelle sur son site officiel : www.lpcn.ca

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