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The Mole Song: Hong Kong Capriccio – Critique du film de Takashi Miike

La preuve est faite que ce n'est pas n'importe qui qui peut réaliser n'importe quoi!
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De la filmographie de Takashi Miike qui a dépassé le cap des 101 titres, je n’en avais vu que deux : Terraformars et JoJo’s Bizarre Adventure: Diamond Is Unbreakable – Chapter 1. Cela représentait 1,98% de ce que le réalisateur japonais a fait, c’est-à-dire la pointe risible de l’iceberg. J’avais visionné en rafale quelques extraits de ses films antérieurs, hantés par des vagins cracheurs de sang et des anus avaleurs de louches, mais sans plus. Le pourcentage est grimpé à 2,97% lundi soir après la projection de The Mole Song: Hong Kong Capriccio dont voici la critique.

Shinya Kabuto (Eita) et Reiji Kikukawa (Tôma Ikuta) dans The Mole Song: Hong Kong Capriccio.

Quoi de mieux pour démarrer une suite que de se marrer en regardant le récapitulatif express du premier film, une (autre) idée originale que Miike a eu expressément pour nous. Cette remise en contexte fait le pont entre les trois années qui séparent The Mole Song: Undercover Agent Reiji (2013) et The Mole Song: Hong Kong Capriccio (2016), une courte période au cours de laquelle Miike a sorti cinq (!) autres films, là où un autre réalisateur n’en aurait complété aucun.

Cette introduction colorée m’a donc aidé à me situer au sein de cette histoire complètement disjonctée, laquelle adapte à nouveau les pages de Mogura no Uta. Écrit par Noboru Takahashi, ce seinen manga destiné aux jeunes adultes de sexe masculin est publié depuis 2005 et compte 54 volumes au moment d’écrire ces lignes. Si Miike est de retour derrière la caméra, il faut aussi mentionner le retour de Kankurô Kudô derrière le scénario. Un duo explosif!

Voici un synopsis des plus (cir)concis :

Reiji Kikukawa (Tôma Ikuta) continue son infiltration de la mafia japonaise. Il est désormais le bras droit de Masaya Hiura (Shinichi Tsutsumi), gangster-cyborg surnommé Crazy Papillon, ainsi que le garde du corps personnel de Shuho Todoroki (Koichi Iwaki), parrain du clan Sukiya-kai. Dès que Karen (Tsubasa Honda), fille de Todoroki, est enlevée par le gang chinois rival des Dragon Skulls, Reiji tentera de la sauver.

L’excellent Tôma Ikuta est Reiji Kikukawa dans The Mole Song: Hong Kong Capriccio.

L’incroyable performance de Tôma Ikuta dans la peau de Reiji mérite à elle seule que je lui consacre un paragraphe de ma critique. Ses simagrées faciales lorsqu’il est contrarié ou lorsqu’il est excité sont hilarantes, de telle sorte qu’elles rappellent le côté bédéesque du matériel d’origine. Miike ne pouvait pas trouver mieux que lui pour mener cette traversée ininterrompue de gags phalliques ou scatologiques. À moins d’être myope comme une taupe, ce Tôma, il faut vraiment le voir pour le croire!

Ce n’est pas la première fois que Miike se frotte au genre filmique du yakuza eiga. Il l’avait déjà fait avec Gozu (2003), Ichi the Killer (2001) et le premier volet de sa trilogie Dead or Alive (1999). En ce qui concerne ladite trilogie, je viens de me la procurer en DVD. Ce sera la première fois que je visionnerai l’un des films du cinéaste nippon en dehors de Fantasia, sur petit écran, et je dois vous avouer que je trépigne déjà d’impatience!

Miike demeure un génie de la rupture de ton et de la mise en scène du ridicule, quoique ses détracteurs en disent, et son 98e projet démontre une certaine virtuosité dans son iconisation de l’absurde. Certaines idées procurent d’ailleurs un tel émerveillement qu’il paraît dérisoire d’émettre des réserves quant au contenu général. Je pense en particulier à la scène du siphon souillé, à celle du massage louche, à celle de la chute libre en compagnie d’un tigre, à celle de la voiture où un simple instrument à bec métaphorise la montée du plaisir (flûte alors!), j’en passe et des meilleures.

Reiji Kikukawa (Tôma Ikuta) affronte Hufon (Nanao) dans la scène la plus drôle du film.

Bref, The Mole Song: Hong Kong Capriccio prouve de nouveau à quel point le cinéma de Takashi Miike est amphibologique, en ce sens que le propos s’immisce souvent entre les lignes et qu’il ne faut rien prendre au premier degré. Le réalisateur s’autorise ici cette parenthèse qui tourne en dérision le milieu du crime organisé, et ce, entre les deux superproductions que représentent Terraformars et JoJo’s Bizarre Adventure: Diamond Is Unbreakable – Chapter 1. Il peut se le permettre, car, à l’image de Lucky Luke qui se tourne plus vite que son ombre, notre cher Miike tourne plus vite que bon nombre!

Vers dick (énième joke en bas de la ceinture) : 7 sur 10

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Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Véritable cinéphile, Louis-Philippe Coutu-Nadeau est un scénariste-réalisateur-monteur qui a une cinquantaine de contrats à son actif en tant que vidéaste (mariages, captations d'événement, publicités, vidéoclips). Il s'occupe d'ailleurs de toutes les vidéos du concessionnaire Alix Toyota depuis juin 2013. Il a aussi été pigiste pour trois boîtes de production, soit le Studio Sonogram, VLTV Productions et Ikebana Productions. Sa filmographie personnelle présente pas moins d'une vingtaine de titres dont le film Khaos et la websérie Rendez-vous. Il possède un baccalauréat en études cinématographiques à l'UdeM et un baccalauréat par cumul de certificats à l'UQÀM (en scénarisation cinématographique, en création littéraire et en français écrit). Vous pouvez visionner son expérience contractuelle et son expérience personnelle sur son site officiel : www.lpcn.ca

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