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It – Critique du film d’Andy Muschietti

Gracieuseté du King, cette vieille recette de 1986 contient tous les ingrédients requis pour devenir le It de l’été 2017!
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Le titre It vous dit quelque chose? Il s’agit d’une brique littéraire de 1 138 pages écrite par Stephen King et publiée le 15 septembre 1986 chez Viking. L’histoire qu’elle propose a déjà fait l’objet d’un téléfilm de 192 minutes en 1990, avec Tommy Lee Wallace à la réalisation et Tim Curry en tête d’affiche, et est aujourd’hui portée au grand écran par Andy Muschietti. Ce reboot se veut la première partie tant attendue d’un nouveau diptyque dont voici sans plus tarder ma critique.

You’ll float too…

Dans la petite ville de Derry, dans le Maine, les enfants disparaissent mystérieusement les uns après les autres. C’est alors que sept amis s’unissent après avoir tous rencontrés la même entité pernicieuse qui adopte la forme de leurs peurs les plus viscérales, parmi lesquelles un clown du nom de Pennywise (Bill Skarsgård). S’étant baptisé « Le Club des Ratés », ce groupe de jeunes décide de prendre les choses en main en partant à la recherche du croque-mitaine qui a établi ses quartiers dans les égouts de Derry. Qui a dit que le « ridicule » ne tue pas?

Le réalisateur argentin Andy Muschietti (Mama) parvient à offrir un produit de qualité à une époque où les films d’horreur font plus peur pour leur contenant que leur contenu. En effet, le suspense nous tient en haleine du début à la fin (la durée est de 135 minutes), sans compter le talent d’une distribution quasi inconnue qui facilite de beaucoup notre immersion dans l’univers fictionnel. Derrière la caméra, Muschietti remplace Cary Fukunaga (Sin Nombre, Beasts of No Nation, la première saison de True Detective) qui s’est désisté trois semaines avant le début du tournage (il s’est déroulé du 27 juin 2016 au 6 septembre 2016) à cause de différends artistiques, restant toutefois crédité en tant que scénariste avec Gary Dauberman et Chase Palmer. À noter que Muschietti devait réaliser le très décevant The Mummy, mais a cédé sa place à Alex Kurtzman. Dieu merci.

Andy Muschietti : « Le vrai défi, c’est de montrer suffisamment mais pas trop, pour créer une peur psychologique, reposant sur la paranoïa plus que sur la réalité. J’aime ne pas tout montrer à l’écran, car je crois que notre imagination est notre plus grand agent créatif de peur. Pennywise doit d’abord vous effrayer pour ensuite vous dévorer. Car si vous n’avez pas peur vous n’êtes pas à son goût! Comme si la peur entraînait un changement de goût de votre chair et votre sang… »

Il y a des limites qu’il ne faut pas franchir, de peur qu’elles deviennent des points de non-retour…

Bill Skarsgård (Atomic Blonde, Allegiant), fils de Stellan Skarsgård (Good Will Hunting, The Avengers), joue un Pennywise qui marquera les esprits à l’image de Freddy Krueger, un autre célèbre croque-mitaine. Sa performance est telle qu’elle éclipse celle, pourtant notable, de Tim Curry (The Rocky Horror Picture Show, Clue, The Three Musketeers, Home Alone 2: Lost in New York). Or, l’acteur suédois de 27 ans n’était pas le premier choix. Si Curry, 71 ans, a refusé de reprendre son rôle, sachez que Will Poulter (The Maze Runner, The Revevant) a longtemps été pressenti jusqu’à ce qu’il renonce, faute de disponibilité. Dieu merci, encore une fois.

Barbara Muschietti, productrice du film et sœur du réalisateur : « Tim Curry était tellement naturellement effrayant que ce n’était pas facile de trouver un Pennywise parfait pour notre version. […] Quand on a eu Bill en face de nous, nous avons été immédiatement conquis. […] Il a un physique assez extraordinaire et presque enfantin, presque romantique, qui ajoute une couche d’inconfort lorsqu’il devient Pennywise. »

Skarsgård confond ainsi les sceptiques qui ne croyaient pas en ses chances de livrer la marchandise, comme tous ceux qui ont dit du mal de Heath Ledger (The Dark Knight en 2008) avant que ce dernier fasse mieux (!) que Jack Nicholson (Batman en 1989) dans la peau du Joker, un autre célèbre clown maléfique. À noter que la taille de Curry et Skarsgård ainsi que leur âge au moment de leur tournage respectif sont diamétralement opposés, le premier mesurant 5pi9 à 44 ans et le second 6pi4 à 25 ans.

Sept jeunes acteurs de la relève prêtent leur trait au Club des Ratés. Les voici :

Jaeden Lieberher (Midnight Special) est Bill Denbrough;
Jeremy Ray Taylor (Ant-Man, 42) est Ben Hanscom;
Sophia Lillis (37, A Midsummer Night’s Dream) est Beverly Marsh;
Finn Wolfhard (la télésérie Stranger Things) est Richie Tozier;
Chosen Jacobs (la télésérie Hawaii 5-0) est Mike Hanlon;
Jack Dylan Grazer (Scales: Mermaids Are Real) est Eddie Kaspbrak;
Wyatt Oleff (Guardians of the Galaxy) est Stanley Uris.

Il aurait été vraiment intéressant que les sept enfants originaux de 1990 reprennent leur rôle en tant qu’adultes dans la seconde partie prévue en 2019, chose malheureusement impossible depuis le suicide de Jonathan Brandis (The NeverEnding Story II: The Next Chapter), alias Billy, en 2003. Jarred Blancard et Marlon Taylor, alias le tortionnaire de la cour d’école Henry Bowers et Mike, ont tous deux laissé savoir qu’ils accepteraient de revenir s’ils étaient approchés.

La version 2017 du Club des Ratés, de gauche à droite : Mike (Chosen Jacobs), Richie (Finn Wolfhard), Beverly (Sophia Lillis), Bill (Jaeden Lieberher), Eddie (Jack Dylan Grazer), Stanley (Wyatt Oleff) et Ben (Jeremy Ray Taylor).

It détient, au moment d’écrire ces lignes, le record de la bande-annonce la plus populaire sur YouTube, avec un total de 197 millions de visionnements en 24 heures lors de sa mise en ligne le 29 mars 2017, reléguant à la deuxième place The Fate of the Furious (139 millions de visionnements) qui n’est resté au sommet que trois mois et demi. À titre de comparaison, la chanson Look What You Make Me Do de Taylor Swift est devenue le vidéoclip le plus populaire de YouTube le 27 août 2017, avec 43,2 millions de visionnements en une seule journée. C’est dire combien le film de Muschietti était attendu des internautes!

Le résultat sent bon les années 80 avec ce groupe de préadolescents qui part à l’aventure. Je me suis rapidement identifié à eux grâce à la profondeur de chacun fait preuve et à leurs caractéristiques propres. Je me pensais par moments dans d’autres longs métrages semblables mettant en vedette de jeunes talents prometteurs. Je pense, entre autres, à des films cultes tels que The Goonies, E.T. the Extra-Terrestrial, Stand by Me (une autre histoire signée Stephen King!) ou encore Honey, I Shrunk the Kids. Bonne idée d’ailleurs que celle de transposer l’action de 1958 à 1989. Je me sentais concerné davantage.

J’adore le tagline You’ll float too, lequel interpelle directement le spectateur en l’avertissant qu’il aura peur à son tour, en plus de faire une analogie entre un corps inerte qui flotte au gré des vagues et un ballon rouge qui flotte au gré du vent. Si, dans les pages du roman, Pennywise refait surface tous les 27 ans pour terroriser les personnages, il aura fallu 27 ans pour qu’il revienne nous terroriser, soit depuis la version télévisuelle de 1990. Après l’insuccès de Cell et The Dark Tower, je comprends encore mieux pourquoi le King de l’épouvante a lui-même approuvé cette version cinématographique de son chef-œuvre :


Bref, It réussit là où de nombreuses adaptations des romans de King ont échoué, c’est-à-dire à s’approprier le matériel d’origine et à le respecter. Certains passages ont dû être mis de côté (notamment une orgie très controversée entre les membres du Club des Ratés!), mais c’est tout à fait normal dans le cas d’un roman aussi volumineux. Étant donné que le clown de Skarsgård et la chimie entre les jeunes protagonistes fonctionnent à merveille, le résultat a comblé mes attentes. Le langage est parfois cru (surtout le personnage joué par Finn Wolfhard!), mais je me suis vite habitué. Comme mot de la fin, si je ne recommande pas le film ni aux claustrophobes ni aux coulrophobes, je me dois de reprendre l’accroche publicitaire du restaurant qui sert de la marde de clown : I’m lovin’ IT!

Verdict : 8 sur 10

Bill Skarsgård est le clown Pennywise dans It.

Le Québécois Claude Paré est le chef décorateur des blockbusters It, Rise of the Planet of the Apes, Night at the Museum, Underworld Awakening, Percy Jackson: Sea of Monsters et bientôt X-Men: Dark Phoenix.

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Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Véritable cinéphile, Louis-Philippe Coutu-Nadeau est un scénariste-réalisateur-monteur qui a une cinquantaine de contrats à son actif en tant que vidéaste (mariages, captations d’événement, publicités, vidéoclips). Il s’occupe d’ailleurs de toutes les vidéos du concessionnaire Alix Toyota depuis juin 2013. Il a aussi été pigiste pour trois boîtes de production, soit le Studio Sonogram, VLTV Productions et Ikebana Productions. Sa filmographie personnelle présente pas moins d’une vingtaine de titres dont le film Khaos et la websérie Rendez-vous. Il possède un baccalauréat en études cinématographiques à l’UdeM et un baccalauréat par cumul de certificats à l’UQÀM (en scénarisation cinématographique, en création littéraire et en français écrit). Vous pouvez visionner son expérience contractuelle et son expérience personnelle sur son site officiel : www.lpcn.ca

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