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Kingsman: The Golden Circle – Critique du film de Matthew Vaughn

Une bouteille ouverte en 2015 n'a plus le même goût en 2017, quoiqu'elle rend toujours aussi ivre!
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À la fois succès critique (7,7/10 sur IMDb) et succès commercial (414,4 millions au box-office mondial), Kingsman: The Secret Service était la surprise de l’hiver 2015. Une suite n’a d’ailleurs pas tardé à être annoncée, sans surprise cette fois-ci, et elle vient de prendre l’affiche. Intitulée Kingsman: The Golden Circle, elle tente de faire mieux avec une liberté quasi-totale, au détriment d’un résultat final hors de contrôle qui souffre justement d’un bris mécanique au niveau du frein. Si mon expérience en tant que cinéphile m’a appris une chose au sujet des sequels, c’est que la déception l’emporte souvent sur l’attente. C’est pourquoi je ne m’attendais à rien…

Eggsy (Taron Egerton) et Merlin (Mark Strong) en mauvaise posture dans Kingsman: The Golden Circle.

Kingsman, l’élite du renseignement britannique en costume trois pièces, fait face à une menace sans précédent. Alors qu’une bombe s’abat et détruit leur QG, Eggsy (Taron Egerton) et Merlin (Mark Strong) rencontrent leurs homologues américains, les Statesman, plus précisément les agents Tequila (Channing Tatum) et Whisky (Pedro Pascal) ainsi que leur patron Champagne (Jeff Bridges). Face à cet ultime danger, les deux organisations n’auront d’autre choix que d’unir leurs forces pour sauver le monde des griffes d’une impitoyable ennemie surnommée Poppy (Julianne Moore) qui ne reculera devant rien dans sa quête destructrice.

Matthew Vaughn (Kingsman: The Secret Service, X-Men: First Class, Kick-Ass) revient aux commandes pour ce projet d’envergure, brisant ainsi sa propre règle de ne jamais faire de suites, comme en témoignent ses refus de réaliser X-Men: Days of Future Past et Kick-Ass 2. À noter toutefois qu’il est en pourparlers pour se retrouver derrière la caméra lors du tournage de Man of Steel 2

Kingsman: The Golden Circle

L’Anglais de 46 ans reste toujours aussi généreux dans son spectacle. Vous trouvez que la scène de l’église dans le premier film mérite le statut de culte? Je suis d’accord, à commencer par son choix de chanson, quoiqu’elle n’est qu’un aperçu de ce que propose ce nouveau volet regorgeant d’idées originales (course-poursuite en guise d’ouverture, traceur inséré dans un vagin). Pour tout cela et plus encore, Vaughn rejoint aisément son ami Guy Ritchie (pour qui il a produit Snatch, Lock, Stock and Two Smoking Barrels et Swept Away) et Quentin Tarantino au panthéon des cinéastes dotés d’une inventivité sans limite au niveau de la mise en scène.

140 : C’est à la fois le nombre de millions que le film a coûté et le nombre de minutes qu’il dure. Bien que les effets spéciaux ne présentent pas de défauts majeurs et que le choix des membres de la distribution soit impeccable (je vais y revenir sous peu), deux éléments expliquant que le budget de 81 millions de dollars de Kingsman: The Secret Service ait été revu à la hausse, il y a quelques longueurs un peu partout, lesquelles auraient pu passer par la guillotine en postproduction. Il faut dire que le montage initial durait quatre heures!

L’équipe de Kingsman: The Golden Circle. En avant : Taron Egerton et Colin Firth. En arrière : Pedro Pascal, Halle Berry, Channing Tatum, Mark Strong, Jeff Bridges, Julianne Moore et Elton John.

Comme je viens de l’écrire, le casting est irréprochable, ramenant d’anciens visages et en proposant de nouveaux.

Parmi les acteurs qui rempilent, il y a Taron Egerton (Eddie the Eagle, Legend, bientôt Robin Hood) qui est encore une fois parfait dans le rôle-titre. Son personnage d’Eggsy a pris du galon, lui insufflant le charisme et l’énergie nécessaires. Mark Strong (Sherlock Holmes, The Imitation Game, Kick-Ass) n’est pas en reste avec une présence plus importante pour notre plus grand plaisir.

Parmi ceux et celles qui s’ajoutent au générique, il y a un Channing Tatum (Magic Mike, 21 Jump Street, White House Down) sous-utilisé, un Jeff Bridges (The Big Lebowski, Iron Man, Tron) fidèle à lui-même, un Pedro Pascal (The Great Wall, la télésérie Narcos) surprenant mais trop présent et une Halle Berry (Kidnap, The Call, Gothika) qui ne sert qu’à décorer la tête d’affiche. Avec le personnage de Poppy, Julianne Moore (The Hunger Games: Mockingjay – Part 1 & 2, Crazy, Stupid, Love.) réussit à surpasser Samuel L. Jackson et son ch’veu sur la langue, bien qu’elle s’inscrive dans cette nouvelle tendance à donner le rôle de l’antagoniste à une femme (je pense à Charlize Theron dans The Fate of the Furious ou Cate Blanchett dans Thor: Ragnarok). À noter qu’Elton John a un rôle presque aussi important que Tatum, ce qui en dit long sur le jemenfoutisme du créateur vis-à-vis des standards…

Que dire du retour de Colin Firth (The King’s Speech, Love Actually, bientôt Mary Poppins Returns), sinon qu’il est intelligemment amené si nous faisons fi de la vraisemblance? Je l’aurais néanmoins retiré de tout ce qui constitue la phase promotionnelle afin que le punch de son retour ait plus d’impact. Les responsables du marketing ont plutôt jugé bon de s’en servir comme appât, gâchant tout à l’image du sort de John Connor dans Terminator: Genisys ou celui de la femme de Billy Hope dans Southpaw.


Matthew Vaughn au sujet de sa franchise déclinable : « Je pense que j’ai une idée en tête qui s’achèvera à la fin du prochain film. Et puis, après ça, bien sûr, il pourrait y avoir des films sur les Statesmen, on pourrait faire des spin-offs sur tous ces personnages. Cet univers pourrait se poursuivre avec de nouveaux agents. Ou alors, vous savez, Colin Firth pourrait devenir Arthur… ou de nouveaux personnages pourraient faire leur apparition. Ou de nouveaux gamins pourraient être entrainés. Il y a tellement d’options possibles, même si je pense qu’il ne vaut mieux pas être trop glouton. »

Bref, à l’image du film original, Kingsman: The Golden Circle fait sien les codes du film d’espionnage britannique en les parodiant et en leurs prodiguant la dimension d’un blockbuster hollywoodien. Mark Millar, le créateur de la BD utilisée comme point de départ, a de quoi être ravi, puisque le résultat privilégie le côté carnavalesque grâce à son humour irrévérencieux, à ses scènes d’action overthetopesques, à la cool-attitude de ses personnages survitaminés ainsi qu’à son traitement hyper-stylisé. Un bon cru destiné exclusivement aux Kingsfans ou à ceux et celles qui en redemandaient à l’époque d’Austin Powers!

Verdict : 7,5 sur 10

Eggsy (Taron Egerton), Harry Hart (Colin Firth) et Whisky (Pedro Pascal) dans Kingsman: The Golden Circle.

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Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Véritable cinéphile, Louis-Philippe Coutu-Nadeau est un scénariste-réalisateur-monteur qui a une cinquantaine de contrats à son actif en tant que vidéaste (mariages, captations d'événement, publicités, vidéoclips). Il s'occupe d'ailleurs de toutes les vidéos du concessionnaire Alix Toyota depuis juin 2013. Il a aussi été pigiste pour trois boîtes de production, soit le Studio Sonogram, VLTV Productions et Ikebana Productions. Sa filmographie personnelle présente pas moins d'une vingtaine de titres dont le film Khaos et la websérie Rendez-vous. Il possède un baccalauréat en études cinématographiques à l'UdeM et un baccalauréat par cumul de certificats à l'UQÀM (en scénarisation cinématographique, en création littéraire et en français écrit). Vous pouvez visionner son expérience contractuelle et son expérience personnelle sur son site officiel : www.lpcn.ca

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