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Thor: Ragnarok – Critique du film de Taika Waititi

Nul besoin d’un marteau pour que l’humour tordant de Thor démarre tôt!
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Il était grand temps que le mal-aimé du Marvel Cinematic Universe ait un film tant à la hauteur de son statut de dieu qu’à la hauteur de nos attentes, et ce, après deux aventures en solo couci-couça (Thor et Thor: The Dark World) ainsi que deux réunions de famille réussies (The Avengers et Avengers: Age of Ultron). Thor: Ragnarok arrive donc à point pour conclure la trilogie du célèbre Asgardien. C’est d’autant plus vrai qu’il correspond au 17e blockbuster du MCU depuis 2008, proposant pour la première fois un personnage féminin en guise d’antagoniste.

Chris Hemsworth reprend son rôle du dieu du tonnerre dans Thor: Ragnarok.

Privé de son puissant marteau Mjollnir et de son abondante chevelure, Thor (Chris Hemsworth) est retenu prisonnier sur la planète Sakaar où il devra survivre à un combat de gladiateurs contre son ancien allié : l’incroyable Hulk (Mark Ruffalo). Or, un autre défi de taille l’attend, à savoir celui de sauver Asgard aux prises avec l’impitoyable Hela (Cate Blanchett) qui tente par tous les moyens d’accomplir le Ragnarok.

Qu’est-ce que ce sous-titre imprononçable? Pour les férus de mythologie nordique (ils se font rares je l’admets), Ragnarok signifie la fin du monde, plus précisément une prophétie annonçant la destruction de la puissance divine. Je dois avouer d’emblée que l’intérêt du film de Waititi ne tourne pas vraiment autour de ce Ragnarok, l’intérêt étant centré sur de petites histoires fraternelles (la relation de Thor avec Hulk ou avec Loki) plutôt que sur la grande histoire d’Asgard. Un sous-titre de ce fait mal choisi selon moi, à l’image d’X-Men: Apocalypse ayant raté de beaucoup la transposition à l’écran du plus ancien et puissant des mutants.

Wait, wait, wait, me dites-vous. Qu’est-ce que ce patronyme imprononçable? Pour les férus de cinéma (ils se font plus nombreux je l’admets), Waititi renvoie tout simplement à Taika Waititi, lequel est le réalisateur derrière What We Do in the Shadows et Boy. Ce Néo-Zélandais de 42 ans n’en est pas à ses premières armes avec une entreprise superhéroïque, en raison de Green Lantern, quoiqu’il se tenait alors devant la caméra dans le rôle secondaire de Tom Kalmaku. C’est la raison pour laquelle Waititi joue Korg dans ce nouveau film, un personnage attachant qui a toujours quelque chose à dire quand ce n’est pas le moment opportun.

Waititi a beaucoup appris sur le tournage de Green Lantern : « J’ai passé beaucoup de temps à traîner sur le plateau, à observer comment travaillait Martin Campbell. C’est un bon réalisateur, il est très efficace. Mais je bosse différemment. Ca m’a aidé à voir comment étaient conçus d’autres films de super-héros, des gros films de studios. J’ai commencé à réaliser pourquoi certaines de ces superproductions ne fonctionnaient pas. »

Rachel House (Topaz), Jeff Goldblum (le Grand Maître) et Tessa Thompson (Valkyrie) dans Thor: Ragnarok.

La distribution mélange habilement anciens visages et nouveaux visages :

Parmi les anciens, nous retrouvons bien sûr Chris Hemsworth (Rush) dans le rôle-titre de Thor, Tom Hiddleston (Kong: Skull Island) en Loki, Mark Ruffalo (Shutter Island) en Bruce Banner/Hulk, Anthony Hopkins (The Silence of the Lambs) en Odin et Idris Elba (The Dark Tower) en Heimdall. Hemsworth s’en donne à coeur joie dans l’humour et les situations loufoques, grâce à un talent d’improvisation sous-exploité et sous-estimé, tandis que Hopkins (en mourrant shakespearien) et Elba (en ersatz mosaïque) se contentent de défendre l’écriture bâclée de leur personnage respectif.

Parmi les nouveaux, nous découvrons une Cate Blanchett (la trilogie The Lord of the Rings) qui s’éclate en Hera, même si elle n’est pas aussi destructrice que prévue. Par contre, nous ne l’attendions plus cette femme méchante Marvel, ce qui est dommage étant donné que Suicide Squad, The Fate of the Furious et Kingsman: The Golden Circle nous l’ont offert récemment. Tessa Thompson (Creed) propose une Valkyrie alcoolique très intéressante, contrairement à Karl Urban (Dredd) qui peine à convaincre en exécuteur Skurge. La palme revient néanmoins à Jeff Goldblum (Jurassic Park) qui trouve en ce Grand Maître mégalomane un personnage sur-mesure qui règne sur une planète poubelle.

L’increvable Stan Lee est toujours au rendez-vous pour son habituel caméo, son plus drôle et peut-être celui qui a le plus d’impact. À noter que, du haut de ses 94 années, il a déjà tourné ses apparitions hitchcockiennes pour Black Panther, Ant-Man and the Wasp, Avengers: Infinity War et sa seconde partie qui n’a pas encore de sous-titre officiel.

Karl Urban (Skurge) et Cate Blanchett (Hela) dans Thor: Ragnarok.

Difficile de critiquer ce film sans aborder l’affrontement tant annoncé entre le dieu nordique du tonnerre et le géant vert. Alors que tout le monde se remet encore du combat de boxe Mayweather contre McGregor, les fans salivaient à l’idée de voir le prochain duel de l’année : Thor contre Hulk. Il n’est pas décevant, loin de là, et arrive juste à temps pour le 55e anniversaire de leur première apparition papier, Thor dans #83 Journey into Mystery vol. 1 (août 1962) et Hulk dans #1 The Incredible Hulk vol. 1 (mai 1962).

Le 10 avril 2017, la première bande-annonce officielle a été mise en ligne et s’est hissée à la troisième place des vidéos promotionnelles les plus visionnées en 24 heures avec 136 millions de vues. Un record pour Disney/Marvel soit dit en passant. La chanson rythmant ces images est Immigrant Song de Led Zeppelin, un choix judicieux pour quiconque sait que les paroles s’inspirent justement de la mythologie nordique. En prenant tous les différents extraits montrés ici et là (trailers, teasers, featurettes, TV spots, behind the scenes), environ 40 minutes des 130 minutes du film ont déjà été montrées. C’est 30%! Décidément, le temps est à l’exagération et non plus à la suggestion…

D’ailleurs, pourquoi nous avoir tant vanté la présence de Hulk qui surplombe même les posters? La surprise aurait été tellement plus grande si le studio n’avait pas mis l’emphase sur ce spoiler qui en est bel et bien un, en ce sens que plusieurs minutes tentent de faire planer le suspense quant à l’identité de l’adversaire de Thor dans l’arène, comme si nous n’étions pas déjà en possession de cette information. Je n’aurais montré que la destruction du marteau, ce qui aurait recentrer l’importance sur le fameux Ragnarok, au lieu d’essayer de vendre le produit final comme un impératif de consommation.

Un combat épique oppose Thor et Hulk dans une arène de gladiateurs.

Là où Captain America: Civil War se concentrait sur des conflits humains avec des personnages tout aussi humains, Thor: Ragnarok quitte la Terre et tend vers l’infiniment grand. Le résultat emprunte beaucoup au succès-surprise de 2014, Guardians of the Galaxy, de par son visuel fluo et un brin rétro, son ambiance décontractée, la coolitude de ses supervedettes et la musique rock des ’70-80 faisant fi des compositions épiques.

Bref, Thor: Ragnarok a tout d’un buddy movie extraterrestre dans lequel le comique de Chris Hemsworth s’élève à l’échelle cosmique. La bromance Thor-Hulk en met tantôt plein la vue de par la démesure de ses scènes d’action, tantôt plein les oreilles de par son feu roulant de blagues. J’ai rigolé en plus d’être diverti, ce qui signifie que le blockbuster réussit sur deux fronts alors que d’autres superproductions ont de la misère à se sortir la tête de l’eau. À noter qu’il est déconseillé de juger ce genre de divertissement pour les enjeux dramatiques de son intrigue, somme toute assez banals et relégués en arrière-plan. Une trilogie bouclée d’une drôle de façon!

Verdict : 9 sur 10

P.S. : Deux acteurs très connus font une visite éclair, question que le fan service n’ait aucun raison d’en redemander…

L’équipe de Thor: Ragnarok au San Diego Comic-Con International en juillet 2017. En avant : Mark Ruffalo, le réalisateur Taika Waititi, Cate Blanchett, Chris Hemsworth et Tom Hiddleston. En arrière : Jeff Goldblum, Karl Urban, Tessa Thompson et Rachel House.

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Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Véritable cinéphile, Louis-Philippe Coutu-Nadeau est un scénariste-réalisateur-monteur qui a une cinquantaine de contrats à son actif en tant que vidéaste (mariages, captations d’événement, publicités, vidéoclips). Il s’occupe d’ailleurs de toutes les vidéos du concessionnaire Alix Toyota depuis juin 2013. Il a aussi été pigiste pour trois boîtes de production, soit le Studio Sonogram, VLTV Productions et Ikebana Productions. Sa filmographie personnelle présente pas moins d’une vingtaine de titres dont le film Khaos et la websérie Rendez-vous. Il possède un baccalauréat en études cinématographiques à l’UdeM et un baccalauréat par cumul de certificats à l’UQÀM (en scénarisation cinématographique, en création littéraire et en français écrit). Vous pouvez visionner son expérience contractuelle et son expérience personnelle sur son site officiel : www.lpcn.ca

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