Junior Majeur – Critique du film d’Éric Tessier

Junior Majeur – Critique du film d’Éric Tessier

10 décembre 2017 0 Par Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Mise à jour: 11 décembre, 2017 at 6:15

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S’il est un sport qui mérite le sceau de sport national d’hiver au Canada, en particulier ici à Montréal, c’est bien le hockey. Que ce soit Lance et Compte (une télésérie de neuf saisons et un film) ou Les Boys (cinq films, dont un prequel, et une télésérie de cinq saisons), en passant par Pour toujours, les Canadiens! ou Maurice Richard, il va sans dire qu’il tient aussi une place prépondérante dans le cœur des (télé)spectateurs. C’est pourquoi je ne suis pas étonné par la sortie de Junior Majeur dont je vous propose ici la critique.

Antoine Olivier Pilon reprend son rôle de Janeau Trudel dans Junior Majeur.

Cinq ans après la victoire de son équipe au Tournoi Pee-Wee de Québec, Janeau Trudel (Antoine Olivier Pilon), un jeune hockeyeur prodige âgé de dix-huit ans, évolue maintenant pour les Saguenéens de Chicoutimi, dans la Ligue Junior Majeur du Québec. À l’aube de sa sélection chez les professionnels, de nombreux obstacles viendront compromettre sa carrière ainsi que ses amitiés les plus chères.

Tel est le synopsis officiel publié sur le site officiel de Junior Majeur. Évidemment, cette suite du film Les Pee-Wee 3D : l’hiver qui a changé ma vie marque le retour des trois inséparables J, en l’occurrence Janeau, Joey et Julie. Il s’en est passé des choses de 13 à 18 ans. Janeau et Joey ont traversé le Bantam et le Midget avant de porter de nouveau les couleurs de la même équipe au sein de la LHJMQ, tandis que Julie étudie maintenant pour devenir une journaliste sportive. Quel plaisir d’ailleurs que celui de retrouver ce premier trio attachant, d’autant plus qu’il est composé de trois étoiles montantes de la relève ayant acquis suffisamment d’expérience pour hausser d’un cran la crédibilité de leur personnage respectif.

Fort de son expérience devant la caméra de Xavier Dolan (Mommy, Lawrence Anyways, le vidéoclip College Boy d’Indochine), d’Yan England (1:54) et d’Alain Desrochers (Nitro Rush), Antoine Olivier Pilon a tout pour susciter l’envie de tous. Il n’a que 20 ans et, déjà, il représente une valeur sûre capable d’attirer le public québécois vers un long métrage d’ici. J’adore l’intensité de son jeu.

Rémi Goulet (les téléséries L’Heure bleue, Unité 9) n’est peut-être pas la tête d’affiche la plus connue, mais il parvient à s’imposer comme telle grâce à un personnage beaucoup plus complexe que dans le film original. Cela lui permet de prouver son savoir-faire et d’atteindre la cible de notre cœur plus d’une fois. Quant à Alice Morel-Michaud (la télésérie L’Heure bleue, Trauma) elle continue d’impressionner à chaque présence, quoiqu’elle a perdu la petite touche de spontanéité qui faisait jadis son charme.

La rivalité entre Janeau et Joey monte d’un cran dans Junior Majeur.

C’est sur la glace, autrement dit dans le feu de l’action, que le résultat est franchement convainquant. Les deux acteurs ont vraiment l’air de deux joueurs professionnels. La caméra se déplace avec fluidité en filmant de près les mises en échec et les tirs au but. De ce fait, j’ai été franchement impressionné par la vraisemblance des parties de hockey au cours desquelles je me sentais sur place. Le montage dynamique y est également pour beaucoup. Or, à l’extérieur de la patinoire, le scénario trébuche dans les clichés vus mille fois à la télévision ou dans l’actualité des Canadiens de Montréal. Cette prévisibilité n’enlève toutefois rien au résultat final qui réussit à divertir en raison d’un rythme soutenu pendant 115 minutes.

Sorti pour Noël 2012, au moment où la tridimensionnalité faisait les choux gras des tarifs d’entrée et des recettes au box-office, Les Pee-Wee 3D : l’hiver qui a changé ma vie patinait sur l’argument publicitaire et presque propagandiste d’offrir le tout « premier film 3D made in Quebec » en décochant des rondelles en notre direction. Un effet très vite lassant. À noter que La guerre des tuques 3D valait davantage le coût de cette dépense.

Lors de son premier week-end d’exploitation dans une soixantaine de salles à travers la province, du 24 au 26 novembre 2017, Junior Majeur a récolté 667 363 dollars. Cela représente trois fois plus que le premier film (274 907 dollars), lequel s’en est bien tiré en amassant la somme de 2 153 451 dollars. Dans quelques années, il y aura assurément un autre film qui complétera cette histoire écrite par Emmanuel Joly et Martin Bouchard.

Rémi Goulet, Antoine Olivier Pilon et Alice Morel-Michaud à la grande première de Junior Majeur le 20 novembre 2017 à la Place des Arts de Montréal.

Bref, Junior Majeur est une suite réussie, de loin supérieure à Nitro Rush. Le réalisateur Éric Tessier (5150 rue des Ormes, Sur le seuil) devait se sentir comme un coach qui peut enfin laisser aller ses protégés. Avec les forces et les faiblesses de chacun, la rivalité qui s’installe entre Janeau et Joey se veut si grande qu’elle nous oblige à choisir entre les deux camps, à l’image de Captain America: Civil War (oui, je viens vraiment de comparer ces deux films!). J’ai déjà hâte d’assister à la troisième période de ce qui deviendra une trilogie, en espérant que tout le monde revienne devant et derrière la caméra.

Verdict : 8 sur 10