The Witch: Part 1. The Subversion – Critique du film de Park Hoon-jung

Quand une superhéroïne banalisée devient badassisée!

23 juillet 2018 0 Par Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Mise à jour: 23 juillet, 2018 @ 12:44

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Quelle torture immensément grande de ne voir que la première partie d’un long métrage aussi captivant et quelle tortue incommensurablement lente que de devoir attendre un an avant de savoir si, oui ou non, la seconde partie figurera dans la cuvée 2019 de Fantasia. C’est ce mélange de supplice et d’incertitude qui m’a accompagné tout au long des 126 haletantes minutes que dure The Witch: Part 1. The Subversion (Manyeo en VO). L’auteur-réalisateur Park Hoon-jung et l’actrice Kim Da-mi étaient d’ailleurs présents pour cette primeur internationale dont voici sans plus tarder ma critique.

Voici le synopsis qui s’inspire beaucoup de ce que Fantasia a proposé dans son programme, synopsis composé par Tony Timpone et traduit de l’anglais par Kevin Laforest :

Une infâme agence a créé génétiquement une race d’enfants avec des habiletés uniques. Une nuit, des assassins impitoyables débarquent pour mettre fin aux expériences et exterminer les enfants. Ja-yoon, huit ans, s’échappe et trouve refuge chez une famille adoptive aimante. Dix ans plus tard, Ja-yoon (désormais interprétée par Kim Da-mi), qui ne se rappelle pas de son passé, participe à un concours national de talents musicaux (pendant asiatique d’American Idol ou The Voice) et dévoile accidentellement des pouvoirs télékinétiques. Malheureusement, l’adolescente est repérée par les tenaces méchants qui la traquent depuis tout ce temps. Ja-yoon se retrouve immédiatement poursuivie par un groupe de tueurs (dont Choi Woo-sik de Train to Busan et Da-eun de Derailed), mais elle ne se laissera pas faire sans se défendre…

Park Hoon-jung, l’homme derrière V.I.P. (aussi présenté cette année), The Tiger: An Old Hunter’s Tale ainsi que le scénario d’I Saw the Devil, démontre à nouveau l’étendue de son savoir-faire en racontant une histoire qui développe tant l’intrigue que les personnages. Il insuffle même un rythme sans temps mort en dépit qu’il n’y ait aucune scène d’action durant la première heure du film. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde grâce au duo formé par Kim Da-mi (Ja-yoon) et Go Min-si (Myung-hee, la télésérie Cheese in the Trap) dont la complicité crève l’écran telles ces armes blanches qui transpercent des corps aussitôt que le spectacle est lancé. Il y a de quoi saliver des litres de bave devant le déversement de tant de litres de sang!

Quelques minutes avant la projection à Fantasia, devant 700 festivaliers en liesse, Kim Da-mi s’est vue remettre le prix de la meilleure actrice par Tim Matheson et Stéphanie Trépanier, deux membres du jury Cheval Noir. J’avais donc encore plus hâte de la voir en action, d’autant plus que je savais déjà que cette débutante a été choisie parmi 1 200 candidates pour interpréter le personnage principal de Ja-yoon. Toute une performance, allant de la plus belle sagesse à la pire violence. Nul doute que ce premier rôle-titre va lui ouvrir bien des portes. Elle ne joue toutefois pas une sorcière à proprement parler. À l’image du mot « Witch » dans le Laplace’s Witch de Takashi Miike, il s’agit plutôt d’une métaphore.

Kim Da-mi est Ja-yoon dans The Witch: Part 1. The Subversion.

Bref, The Witch: Part 1. The Subversion emprunte quelques éléments à Logan, Limitless, la trilogie Maze Runner, The Raid 2: Berandal et même Terminator 2: Judgment Day (l’échange de poussades musclées sur/dans les murs d’un couloir!) afin d’offrir un divertissement à la hauteur des attentes. Les chorégraphies sont d’une lisibilité à couper le souffle et les rebondissements habilement amenés. Ceux et celles qui me lisent assidûment connaissent mon amour vis-à-vis du cinéma sud-coréen et c’est pourquoi je clame que visionner la moitié d’un aussi bon tout (en attendant une éventuelle suite) revient à interrompre… un coït cinéphilique!

Verdict : 9 sur 10

P.S. : À noter qu’il y a une seconde projection à Fantasia le mercredi 25 juillet 2018 à 12h30 à la Salle J.A. De Sève.