Mowgli: Legend of the Jungle – Critique du film Netflix d’Andy Serkis

Dans la jungle, risible jungle, le tigre est mort... de rire!

8 décembre 2018 0 Par Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Mise à jour: 8 décembre, 2018 @ 23:01

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Mowgli: Legend of the Jungle - Critique du film Netflix d’Andy Serkis

L’adaptation par Andy Serkis des aventures de Mowgli, mêlant prises de vues réelles et performance capture, a d’abord vu sa sortie en octobre 2016 être repoussée un an plus tard en octobre 2017. La raison? Peaufiner les effets spéciaux avec l’aide d’Alfonso Cuarón (Gravity) à titre de conseiller. Cette date a ensuite été déplacée le 19 octobre 2018. Pourquoi? Parce que la Warner a voulu éviter de monter sur le ring face à Disney qui avait triomphé au box-office mondial (967 millions de dollars!) avec The Jungle Book ayant pris l’affiche le 15 avril 2016. Lorsqu’en juillet dernier Netflix a acheté les droits de ce projet à la postproduction mouvementée, la mise en ligne a finalement été fixée le 7 décembre 2018. Voici enfin ma critique de ce décevant Mowgli: Legend of the Jungle tourné… en 2015.

Mowgli: Legend of the Jungle - Critique du film Netflix d’Andy Serkis

Rohan Chand joue le protagoniste dans Mowgli: Legend of the Jungle.

Mowgli: Legend of the Jungle

Enfant, Mowgli (Rohan Chand) est élevé par une meute de loups au cœur de la jungle indienne. Tandis qu’il apprend les lois souvent âpres de la jungle, sous la responsabilité de l’ours Baloo (Andy Serkis) et de la panthère Bagheera (Christian Bale), Mowgli est accepté par les animaux de la jungle comme l’un des leurs – sauf par le terrible tigre Shere Khan (Benedict Cumberbatch). Mais des dangers bien plus redoutables guettent notre héros, au moment où il doit affronter ses origines humaines.

Andy Serkis est connu des cinéphiles comme étant le porte-étendard de la capture de mouvement, plus précisément la performance capture ainsi que la facial motion capture, et ce, depuis 2001. En attestent ses interprétations, dans lesquelles il s’est impliqué à la fois corporellement et vocalement, interprétations qui ont donné vie à des personnages plus grands que nature tels que Gollum (les trilogies Lord of the Rings et The Hobbit), Kong (King Kong), Capitaine Haddock (The Adventures of Tintin), César (la trilogie Planet of the Apes) et Snoke (Star Wars : Episode VII et VIII). Dans Mowgli: Legend of the Jungle, en plus de prêter ses traits à un Baloo très différent de la vision de l’oncle Walt, Serkis est crédité dans le générique en tant que réalisateur. À noter qu’il avait tâté ce terrain à deux reprises : sur la trilogie The Hobbit, en supervisant la seconde équipe de tournage, et sur le drame sentimental Breathe, qu’il a lui-même mis en scène en 2017.

Serkis au sujet de son film basé sur l’oeuvre de Rudyard Kipling publiée en 1894 : « Nous avons des acteurs qui ont joué des animaux au lieu de seulement les doubler, ce qui fait une grosse différence. C’est une façon d’incarner un personnage et de s’approprier un rôle tout au long de sa conception de façon à s’en attribuer la paternité. »

Mowgli: Legend of the Jungle

Que dire des décors, sinon qu’ils invitent à la contemplation?

Bref, pour être parfaitement honnête, Mowgli: Legend of the Jungle me laisse perplexe, ce qui m’oblige à comprendre son accouchement aux forceps et à questionner sa place dans la jungle cinématographique à l’image de son protagoniste humain perdu au sein de la jungle indienne. Bien que le résultat soit au service d’une plasticité à couper le souffle, ses défauts sont légion. Il se veut plus sombre et plus fidèle au matériel d’origine (exit les chansons joyeuses!), quoiqu’il souffre d’un cruel manque de rythme à cause d’une seconde partie précipitée dans le précipice des raccourcis scénaristiques. Énième relecture nécessaire? J’en doute, d’autant plus que sa version 3D destinée aux salles obscures ne nous parviendra jamais. Dans l’espoir que l’Animal Farm de ce même Andy Serkis et le Pinocchio de Guillermo del Toro (futures exclusivités du grand N rouge prévues au-delà de 2020) sachent trouver un équilibre moins précaire entre le contenu et la forme, je me dois de vous déconseiller ce deuxième « préciiiiiiieux » signé Serkis dont la beauté n’est Kaarément que façade…

Mowgli: Legend of the Jungle sur Netflix : https://www.netflix.com/title/80993105

Verdict : 6,5 sur 10

Mowgli: Legend of the Jungle - Critique du film Netflix d’Andy Serkis

Benedict Cumberbatch est le tigre Shere Khan dans Mowgli: Legend of the Jungle.