Ocean’s 8: critique du spin-off 100% féminin

20 décembre 2018 0 Par Jean Francois Cloutier

Mise à jour: 20 décembre, 2018 @ 8:27

Avec les premières révélations au détour du bande-annonce qui dépote pour Ocean’s 8 (Debbie Ocean 8), je souhaite apporter un premier avis sur ce spin-off totalement féminin de cette trilogie dans l’univers des casinos auparavant orchestrée par George Clooney, et une grande pléiade d’acteurs, masculins, de hautes facteurs.

Avant de vous détailler le plot de ce film sortant en salle le 8 juin 2018, il est un premier élément qui n’échappera pas aux puristes, c’est le casting très lourd qui est déroulé au fil des premiers extraits et de la bande-annonce d’Ocean’s 8. Sandra Bullock semble y tenir le rôle principal, la chef d’orchestre de cette bande de braqueuses, et devra tenter d’être à la hauteur de la performance de son frère, dans le film, Danny Ocean.

Ocean's 8

Ocean’s 8

Les premières images de la bande-annonce d’Ocean’s 8 nous plonge dans l’univers carcéral. Debbie Ocean, soeur de Danny Ocean (George Clooney), et héros de la précédente trilogie sur fond de casinos, répond à un interrogatoire avant, semble-t-il, être libérée sur caution. Les faits se déroulent à part entière des casses des casinos du Bellagio, du Mirage et du MGM Grand Las Vegas perpétrés dans Ocean’s 11. Debbie semble posséder le même don que son frère pour ce qui est de réaliser les casses du siècle, et en cherchant à créer sa propre team, elle convoite l’un des colliers de diamants les plus chers au monde, estimé à 150 millions de dollars. La seule ouverture pour ces 8 braqueuses aux profils et talents particuliers sera le Met Ball de New-York, un défilé des plus belles pièces des créateurs joailliers et couturiers. Mais encore faudra-t-il pour Debbie Ocean de réussir à convaincre tout son monde que ce coup n’est pas impossible.

Ocean's 8

Le Casting

En parcourant la fiche du film Ocean’s 8, réalisé par Gary Ross, et que vous pourrez voir en salles le 8 juin 2018, le casting est totalement différent de la première trilogie. Exit les George Clooney, Matt Damon, Brad Pitt, Bernie Mac, Andy Garcia, Elliott Gould et Casey Affleck. C’est sur une note totalement féminine que ce nouveau projet cinématographique verra le jour. Et c’est la première des particularités de cette production de la Warner.

  • Sandra Bullock : Je suis très souvent séduit par le profil de Sandra Bullock lorsqu’elle sort de son registre habituel, à savoir les comédies ou comédies romantiques un peu niaises. Comme véritable référence, pointant le réel talent de cette actrice, je citerai uniquement Gravity.
  • Cate Blanchett : Méconnaissable notamment dans le rôle de Hela de la production Marvel, Thor Ragnarok, Cate Blanchett est rarement une actrice qui déçoit. Elle campait également le rôle magistral de Galadriel dans la trilogie Le Hobbit. Une femme à poigne !
  • Rihanna : La chanteuse de R’n’B prend de plus en plus de galons à Hollywood, et ce n’est pas sans un réel plaisir que de la retrouver dans le casting d’Ocean’s 8. Son passage, presque auto-critique, dans Valerian et La Cité Des Mille Planètes, a suffi à me convaincre qu’elle avait aussi un réel talent au 7è art.
  • Anne Hattaway : Si l’actrice a su me convaincre parfaitement dans le costume de Catwoman dans le film de Christopher Nolan, The Dark Knight Rises, le soufflé est retombé avec Interstellar. Malgré tout, elle peut aussi être la belle surprise de ce casting.
  • Helena Bonham Carter : Campant le rôle significatif de la Reine-Mère dans le Discours D’Un Roi, aux côtés de Colin Firth, Helena Bonham Carter a su convaincre. Pour ma part, je la connais pour son interprétation magistrale de Marla dans Fight Club.
  • Sarah Paulson : L’actrice a su faire ses preuves au travers de nombreuses séries, comme American Horror Story, ou même dans le film Pentagon Papers sorti en 2017. Pour moi, son rôle le plus significatif n’est autre que celui de la maîtresse de maison, Miss Epps, dans 12 Years A Slave.
  • Mindy Kaling : Pour tous les fans de la série TV The Office, la présence de Mindy Kaling dans le casting d’Ocean’s 8 s’imposait comme une évidence. Pour les autres, vous reconnaîtrez surtout sa voix, prêtée pour de nombreux films d’animation, comme Vice Versa, Moi Moche Et Méchant ou encore Les Mondes De Ralph.
  • Awkwafina : La jeune actrice connaîtra son premier rôle dans une super-production avec Ocean’s 8. Vous avez sans doute pu la voir dans le film Nos Pires Voisins 2, mais si vous l’avez raté, ce ne sera pas un grand mal. Elle est sans doute la grande découverte et inconnue du film sortant le 8 juin 2018.

Ocean's 8

Mon Avis Sur Les Précédents Films Ocean’s

Le Meilleur…

Plutôt que de me focaliser sur simplement un listing du ou des meilleur(s) film(s) de la trilogie Ocean’s, j’ai concocté pour vous des extraits ou des points sur chaque film qui m’ont séduit, et qui me permettent souvent d’y revenir sans aucune crainte. J’ai pu revoir cette trilogie de nombreuses fois, comme l’on apprécie un très bon Belmondo, mais avec le casting qui fait aussi tout le charme de cette super-production de la Warner.

  • Les Anti-Héros Par Excellence : Ce qui magnifie chacun des trois films Ocean’s, c’est bien cette notion d’anti-héros, pour qui on a une réelle sympathie, mais qui sont absolument antipathiques. Ils ont tous de l’argent, ce qu’il leur faut pour subvenir très largement à leurs besoins, mais ils ne peuvent en démordre, ils ont besoin de ces casses et de ces braquages pour se divertir. Et comme la bande à George Clooney finit toujours par se laisser convaincre de jouer avec lui, en tant que spectateur, on accepte volontiers l’invitation. On se laisse entraîner, et on s’amuse, que ce soit pour le bien ou pour le mal, le divertissement n’a pas de conscience.
  • Vincent Cassel/Al Pacino : Si le casting de départ et qui reste inchangé est des plus appréciables dans la trilogie Ocean’s, c’est aussi la présence de figures emblématiques à chaque nouveau film qui permet à la mayonnaise de montée. Alors qu’Andy Garcia se trouve être l’ennemi de nos anti-héros dans le premier volet, il est reconduit pour les deux prochains films. Ce sera le cas aussi pour Vincent Cassel (Ocean’s 12 et 13), alors qu’Al Pacino ne sera présent que dans Ocean’s 13. Ces deux personnages offrent non seulement un nouveau contexte et une nouvelle intrigue aux aventures de nos braqueurs astucieux, mais aussi une nouvelle philosophie dans la manière de penser de celui que l’on croyait être pris, et qui finira par prendre. Vincent Cassel dans le rôle du « Renard De La Nuit » est absolument génial. Il apporte sa touche personnelle, dans un film hollywoodien qui aurait pu ressembler à la première formule, si l’acteur français n’avait pas fait partie du tournage. Je comparerai sa performance à celle de Lambert Wilson dans Matrix Reload. Minimaliste, mais tellement naturelle, que l’on se laisse prendre au jeu.
  • Des Scènes Cultes : Ce ne sont pas des répliques du même gabarit que dans Casino de Scorsese ou même de Hateful Eights de Tarantino, mais on en est pas loin. L’une de mes scènes cultes, s’il ne fallait en retenir qu’une, c’est le recrutement d’Elliott Gould dans Ocean’s 11. Cette manière dont à la caméra de se positionner entre les épaules de George Clooney et Brad Pitt, comme si nous étions invité à cette rencontre face à Elliott Gould, qui enchaînera avec les trois plus gros braquages de Las Vegas, qui ont finalement mal tourné.

Ocean's 8

… Et Le Pire

Si jusqu’à maintenant, j’ai pu faire l’apologie de cette trilogie, il n’en est pas moins que ce ne sont pas les meilleurs films qu’a pu connaître le cinéma hollywoodien. Si je n’aurais rien à redire en particulier sur Ocean’s 11, c’est davantage les suites qui me posent toujours un problème. Cette volonté qu’à le cinéma de vouloir recycler une formule qui a marché une fois. Lorsque Martin Scorses a connu un incroyable succès avec Casino, il ne s’est pas précipité pour créer une suite. Il a davantage appuyé le concept en réalisant au cours de la même décennie Les Affranchis.

  • Une Forme De Redondance : Si la formule est réellement payante avec Ocean’s 11, en découvrant pour la première fois la team, la manière de présenter le braquage avant qu’il se déroule, ou encore les scènes où Matt Damon est le petit bleu qui risque de tout faire planter, cela ne s’imposait peut-être pas dans Ocean’s 12, et encore moins avec Ocean’s 13. Si le dernier volet offre tout de même un côté inattendu avec le loup Al Pacino qui est là où on s’y attend le moins, ça tombe malheureusement à plat. Pour ce qui est de l’histoire avec Brad Pitt, s’étant sentimentalement attaché à une détective du département de police, cela ne fait que créer un faux suspens et un final, encore une fois, des plus attendus.
  • Des Acteurs Qui Surjouent : Si Elliott Gould est l’un des points de référence d’Ocean’s 11, malheureusement, dans le second volet, il n’est pas à la hauteur. Cela force certains acteurs, dont Andy Garcia, à tenter de surmonter cette contre-performance, en surjouant sa présence. Elliott Gould et sa performance dans le premier volet manquent cruellement à un casting qui s’appuyait réellement sur cette figure emblématique. La présence de Julia Roberts, de Bruce Willis, ou encore d’Oprah Winfrey, qui n’a assurément pas sa place au 7è Art, ne relève en rien des productions déjà bien mal embarquées par des habitués qui ne sont déjà plus au niveau. Pour ce qui est de Lady O, un meilleur jeu d’acteur lui sera nécessaire si elle veut entrer à la Maison Blanche.
  • Des Castings Lourds, Lourds, Trop Lourds : Film après film, le casting de Ocean’s est de plus en plus important, de plus en plus imposant, et heureusement qu’il n’y pas eu Ocean’s 14, car qui sait l budget que cela aurait demandé ne serait-ce que pour les passages de 30 secondes à 1 minute à l’écran de figures emblématiques d’Hollywood. Plus qu’un film, nous avons la sensation qu’Ocean’s 13 veut simplement être une démonstration de force, avec tous les acteurs populaires de Californie, mais sans présenter de réel projet. Al Pacino est finalement le seul moteur, avec Vincent Cassel. Pour le reste de la bande de George Clooney, ils tentent de survoler ce film, leur notoriété n’est plus à faire, mais malheureusement, la formule « on est tous copain » ne prend plus sur les spectateurs, ce qui plombe grandement ce dernier volet.