Star Wars : L’ascension de Skywalker – Critique du film de J.J. Abrams

Le cinéphile en moi a basculé du côté obscur de la Force…

20 décembre 2019 0 Par Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Mise à jour: 21 décembre, 2019 @ 9:08

L'ascension de Skywalker

Si Star Wars mérite le sceau de saga cinématographique la plus populaire de tous les temps, elle est aussi devenue celle qui divise le plus ses aficionados quand se pose la question de déterminer le meilleur des neufs épisodes, voire la meilleure des trois trilogies. Avec The Rise of Skywalker, l’Empire disneyen met les bouchées doubles pour nous gaver de fan service prémâché au lieu d’essayer de graver cet ultime sous-titre dans l’histoire du septième art. Brève critique d’un cinéphile entré dans une salle de cinéma en tant que Jedi pour en ressortir en tant que Sith…

Merci Chewie de ne pas laisser toute la place à la relève, même si ce n’est plus Peter Mayhew sous ta fourrure…

Star Wars : L’ascension de Skywalker

Elle est lointaine, très lointaine, cette année 1997 où j’ai vraiment découvert la première trilogie de George Lucas. Je parle ici des épisodes IV, V et VI sortis respectivement en 1977, 1980 et 1983. En effet, j’avais 12 ans quand j’ai reçu en cadeau le coffret VHS doré de l’édition spéciale. J’ai ensuite visionné sur grand écran la deuxième trilogie, dite prélogie, ce qui renvoie aux épisodes I, II et III sortis en 1999, 2002 et 2005. J’étais sceptique quant au recours abusif du numérique qui a de surcroît mal vieilli lors d’un récent visionnement. En 2012, Lucas a vendu les droits de sa franchise au studio aux grandes oreilles pour la somme vertigineuse de 4,05 milliards de dollars. Peu de temps s’est écoulé entre cet achat prémédité et le crachat précipité d’une troisième trilogie, dite postlogie, correspondant aux épisodes VII, VIII et IX sortis en 2015, 2017 et 2019. Pourquoi innover scénaristiquement alors que la carte de la nostalgie a le pouvoir de convaincre les foules (parents et enfants) de se déplacer à des fins de remboursement? Je parle ici entre autres du retour de Mark Hamill, Carrie Fisher, Harrison Ford, Anthony Daniels, Peter Mayhew, Billy Dee Williams et Ian McDiarmid…

!!! ATTENTION : IL Y A DE NOMBREUX SPOILERS DANS LE PARAGRAPHE QUI SUIT !!!

Il va sans dire que le résultat manque cruellement d’originalité et les personnages de profondeur, en particulier Rose « Jar Jar » Tico qui ne sert toujours à rien sauf peut-être à amadouer le public asiatique. Le fan service susmentionné en prend d’ailleurs pour son rhume. Un plan où nous entendons la voix de plusieurs Jedi importants apparus au fil des épisodes, comme par exemple Yoda, Obi-Wan, Anakin, Qui-Gon et Mace Windu? Check. La présence du Faucon Millenium de Han et du X-Wing de Luke? Check. Une scène se déroulant dans deux décors fondamentaux, à savoir la salle du trône de l’Étoile de la Mort et la ferme d’enfance de Luke sur Tatooine? Check. Le retour d’un Mark Hamill fantomatique, d’un Harrison Ford sous forme de vision et d’une Carrie Fisher ressuscitée grâce à des archives inutilisées du septième épisode? Check. Des renforts qui arrivent in extremis pour la grande bataille, façon Avengers: Endgame? Check. Un Empereur qui devient pour à peine cinq minutes un Super Empereur, façon Super Shredder à la fin de Teenage Mutant Ninja Turtles II? Check. Un plan où nous assistons au flashback d’un entraînement entre Luke et Leia, question de démontrer pour une énième fois les avancées technologiques du rajeunissement numérique? Check. Un personnage qui effectue une chute mortelle dans un ravin béant et qui remonte miraculeusement lors d’un gros plan sur sa main? Check. Un plan tiré par les cheveux où les deux protagonistes s’embrassent (Rey aurait besoin d’une paire de lunettes selon moi!) sans s’être vraiment parlés? Check. Un plan bref quoique très inutile de lesbiennes no name qui s’embrassent? Check. Comme quoi faire trop d’hommages finit par faire trop dommage…

L'ascension de Skywalker

Carrie Fisher ressuscite en Leia grâce à des plans tournés non-utilisés…

Bref, Star Wars: Episode IX – The Rise of Skywalker termine une saga de neuf films en 42 ans. Cette saga, née de l’imagination fertile de son père biologique et piétiné par l’immodération mercantile de son père adoptif, a connu des hauts stratosphériques et de bas abyssaux. Je suis plus que jamais nostalgique de la trilogie originale qui brillait justement par son originalité. J’en ai assez de recenser le nombre d’idées empruntées dans tel ou tel succès d’antan. J’en ai assez de sortir de la salle de cinéma avec le goût amer de m’être fait entourlouper. J’en ai assez des campagnes publicitaires qui bombardent de vidéos abusant sur le nombre de révélations et de fausses promesses. J’en ai assez des réalisateurs et de leurs justifications tant twitteriennes que facebookiennes pour expliquer leurs mauvais choix. Le cinéma de divertissement n’est plus que l’ombre de lui-même. Je vais revisionner mes classiques d’hier et cesser de perdre mon temps à critiquer les navets qui poussent aujourd’hui. Où est LaRusso pour asséner son coup de pied de grue à J.J. Abrams et aux frères Russo? Est-ce que l’ennéalogie de Star Wars aurait dû rester une hexalogie, voire une simple trilogie qui préférait suggérer qu’exagérer?

Verdict : 6 sur 10

Faucon avoue que la démesure disneyenne triomphe désormais de la demi-mesure lucasienne…