Coronavirus : la Chine en quarantaine : documentaire ARTE Reportage

4 mars 2020 0 Par Jean Francois Cloutier

Mise à jour: 4 mars, 2020 @ 4:07

Confrontée au coronavirus, la Chine a pris une décision radicale : mettre le pays en quarantaine. Tout l’appareil sécuritaire du régime communiste s’est reconverti en appareil de contrôle sanitaire et social, grâce à une masse d’agents zélés.

Coronavirus : la Chine en quarantaine

Coronavirus : la Chine en quarantaine

Depuis la révolution maoïste, dans chaque quartier, chaque rue, chaque résidence, chaque entreprise, des agents du Parti ont pour mission d’observer, de contrôler, de rapporter, d’informer. Désormais, ils sont chargés de barricader. D’inventer chaque jour des règles plus strictes pour contraindre chacun à l’immobilité.

Sébastien Le Belzic, journaliste en poste à Pékin depuis 15 ans, s’est retrouvé confiné dans son immeuble avec sa famille. Le seul moyen de s’échapper ? Par les écrans, les réseaux sociaux, où le reporter parvient à converser avec quelques blogueurs courageux qui tentent d’informer les Chinois. Mais ceux-ci voient de plus en plus réduits au silence. Car il y a un virus que le Parti craint plus que tous les autres : celui de la liberté.

Coronavirus : la Chine en quarantaine

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SARS-CoV-2 – COVID-19

Pour la énième fois, SARS-CoV-2 (le nom officiel du virus qui donne la maladie COVID-19) n’est pas une grippe.

La virulence du virus est estimée à trois fois plus que la grippe saisonnière. Précisément, le premier se situe entre 1.4 et 6.49 sur le taux de reproduction (R0). Le second est de 1.3. Ça signifie que ce virus se répand beaucoup plus vite que la grippe saisonnière.

Le taux de létalité du virus à couronne SARS-CoV-2 est d’au moins 2 à 3%, c’est-à-dire près de 20 à 30 fois plus que celui de la grippe est de moins de 0.1%. À titre de comparaison, la grippe espagnole qui a fait plus de 50 millions de morts en 1918 avait un taux de létalité de 2 à 3%.

Le SARS-CoV-2 peut être transmis sans que le malade manifeste de symptôme (plusieurs semaines sans manifestation parfois). Le virus est contagieux dès le premier jour. C’est pourquoi il est beaucoup plus difficile à le contrôler, contrairement à la grippe saisonnière.

Environ 20% des cas d’infections du SARS-CoV-2 résultent en de sérieux symptômes qui nécessitent des interventions médicales avec des machines respiratoires et des surveillances cardiaques en continue. On estime à plus de dix fois le taux d’hospitalisation que la grippe saisonnière.

Les symptômes du SARS-CoV-2 peuvent persister jusqu’à un mois en comparaison à la grippe saisonnière qui s’arrête après cinq jours tout au plus et disparaît du corps.

Il n’y a aucun vaccin disponible pour le SARS-CoV-2. Les vaccins saisonniers pour la grippe existent et peuvent être pris avec ou sans rendez-vous dès le début de la saison grippale.

Il n’y a aucune immunité grégaire contre le SARS-CoV-2 ce qui signifie que la population mondiale peut être infectée. Absolument personne n’y est protégée. Tant que les vaccins n’existent pas, les possibilités de résurgence ou dormance de la maladie restent inconnues parce que ce virus a cette particularité de muter en permanence et rapidement (pour le mieux ou le pire).
En considérant tous ces éléments, on peut le comparer à la grippe saisonnière : le SARS-CoV-2 se répand plus vite; tue davantage; est plus difficile à maîtriser; nécessite plus de ressources médicales (humaines et matérielles); sur une plus longue période de temps; n’a aucun traitement efficace; peut infecter des populations entières.

Avec ces facteurs, on en comprend que le virus – si négligé et banalisé – peut engorger rapidement le système de santé d’un pays (au Québec, ce serait la catastrophe). Avec un système de santé engorgé, l’assistance médicale devient rapidement indisponible et le taux de létalité augmente en flèche.

Chaque jour, plusieurs pays déclarent leurs premiers cas; à peine 24h plus tard, ils déclarent une dizaine de cas et parfois un mort. La pandémie est bien réelle et l’OMS continue à faire l’autruche avec sa ridicule tentative de “calmer les marchés”. Proche de chez nous, les États-Unis ont vu leur nombre de cas confirmés passer de 1 à 100 en cinq jours. Au Canada, les tests tardent encore et les confirmations commencent à exploser. Nous avons cependant d’excellents chiffres sur le virus maintenant. Si on se fit au système de santé le plus accessible du monde – la Corée du Sud – on estime le taux de létalité à 0.5% pour le moment. C’est toujours cinq à dix fois plus que la grippe saisonnière mais nettement moins que celui en Chine.

Cela signifie deux choses :

Au Québec, on est vraiment dans la merde si une éclosion spontanée a lieu (un “rush”) ce qui engorgerait en quelques jours les lits d’hôpitaux, le système de triage ainsi que les appareils d’assistance respiratoire.

Si on gère bien ça, on peut éviter des morts inutiles causés par un trop grand nombre de malades soudains. Mais on sait pas gérer ça, malheureusement.

Autre point important aussi : se laver les mains ne suffit pas. Vous devez constamment laver toutes les surfaces que vos mains touchent à longueur de journée, plusieurs fois par jour, pour prévenir d’attraper le SARS-CoV-2. Cela implique votre téléphone et son écran, considéré comme l’un des endroits les plus sales de votre quotidien à côté de votre éponge à vaisselle et votre bol de toilette.

Nouvelle étude parue le 27 février 2020 dans le Journal of Medical Virology, le virus aurait un potentiel neuroinvasif en partie responsable des arrêts respiratoires des patients atteints. En résumé :

1- Vous devez rester réveillé pour vous forcer à respirer. Si vous dormez, vous mourez car vous perdez la capacité naturelle et automatique de la respiration.

2- Le virus peut vivre dans votre cerveau. Ainsi, après que vous soyez “rétabli”, le virus peut resurgir et infecter vos poumons à nouveau. Il se cache dans votre système nerveux.
La conclusion est inquiétante :

Since SARS-CoV2 may conceal itself in the neurons from the immune recognition, complete clearance of the virus may not be guaranteed even the patients have recovered from the acute infection. In support of this, there is evidence that SARS-CoV-2 is still detectable in some patients during the convalescent period. Therefore, given the probable neuroinvasion the risk of SARS-CoV-2 infection may be currently underestimated.

On va espérer que cela demeure des cas très très rares. Cette étude se fonde sur les patients infectés de Wuhan en Chine, l’épicentre du virus. Mais puisque nous savons presque rien de ce virus, il est impératif de le traiter avec sérieux plutôt que de le banaliser comme just the flu bro. Les complications existent mais nous ignorons jusqu’à quelle mesure.

Conclusion : c’est un virus à couronne qu’il faut à tout prix ralentir la contagion. Nos infrastructures sont aucunement prêtes et nous en paierons sévèrement le prix si nous continuons à niaiser.