Áramótaskaup Sjónvarpsins: 34ième édition réussie

Áramótaskaup Sjónvarpsins: 34ième édition réussie

2 janvier 2011 0 Par derteilzeitberliner
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En tournage, devant le siège du gouvernement, le 20 novembre

Mon commentaire sur le Bye Bye 2010 à Radio-Canada: Correct. Mais bon, tiens, j’ai décidé de passer en revue le 34ième Áramótaskaup, que je viens tout juste de terminer d’écouter – pourquoi pas en comparant la manière de faire dans chacun des deux productions! À date, les commentaires sont vont de bons à corrects – maintenant les réactions de celui qui regarde en n’ayant que le visuel pour se repérer (parce que les jokes, je les catche pas toutes!).

Étant donné que je trouve que les Bye Bye de Louis Morrissette épargnent leurs amis (au sens large) tout en frôlant l’attaque personnelle envers ceux qu’ils détestent (ex: Stephen Harper, André Caillé), je suis plus confortable avec la manière Skaup, qui consiste à tirer sur tout le monde à des niveaux à peu près pareil.

Sans avoir de chiffres sur l’un et l’autre, je n’ai aucun doute que l’émission québécoise dispose d’un budget très supérieur à la petite équipe en Islande. Ceci dit, ça ne paraît pratiquement pas et Áramótaskaup est même géniale sur le point des décors: comme il n’y en a pas, ni d’argent pour en faire, on tourne on location… Je n’imagine pas l’Assemblée Nationale “prêter” le Salon Bleu ou le Ministère de la Justice un fourgon cellulaire pour tourner le Bye Bye!

Le running gag du show a été la parodie de la campagne “Inspired by Iceland”, menée par l’industrie touristique mise à mal par l’éruption de l’Eyjafjallajökull et la mauvaise presse en raison de la banque Icesave en Europe.

La crise économique, dont l’Islande se remet, a fait l’objet de trois sketchs. Une pub d’un jeu de société sur le FMI (seulement disponible en Irlande et en Islande!), la sortie de l’Islande de la crise à la manière du sauvetage des mineurs chiliens ainsi que la finale: une jeune femme, prise à la gorge financièrement (au point où un fonctionnaire du fisc lui suggère un “prêt SMS” à taux d’intérêt de shy-lock), convainc une conseillère de l’agence pour l’emploi de la considérer même pour “la pire job au monde”…elle se ramasse vice-présidente du parlement, poste qu’elle quitte, à bout de nerfs, sur fond de flashmob avec une chanson optimiste pour 2011!

L’équipe n’a pas passé sous silence les coupures à la télévision publique. Le “directeur” annonce que, par souci d’économie, toutes les productions maisons seront remplacées par une seule émission…animée par lui-même. On a souligné le départ de la troupe de comédiens Spaugstofan: une femme hospitalisée préfère se débrancher que de regarder le show qui les a remplacé le samedi.

Les politiciens de tous les partis se font brassés. Le sketch sur le budget, où le ministre des finances et la première ministre annoncent que l’Islande sera réduite à la seule ville de Reykjavik pour le bien-être des finances publiques a probablement eu beaucoup d’écho en dehors de la capitale. C’est carrément comme ça qu’a été reçu le budget en octobre. Dans un autre moment, sur un air de Chariots of Fire et en parodiant une description sportive, l’ouverture du parlement en octobre, où des manifestants ont lancé des oeufs sur les politiciens.

Manifestants qui n’ont pas pu se sauver de l’humour incisif des scénaristes du show. Un “journaliste” demande à une femme pourquoi elle manifeste…”Parce que je ne peux pas m’acheter à manger!”… La caméra montrant ensuite les caisses d’oeufs et de tomates qu’elle a amené pour lancer aux politiciens. Le gars qui a amené un drapeau nazi “pour rire” est aussi parodié, mais ça, je n’ai pas compris.

Le maire de Reykjavik, que “vous” avez découvert dans Infoman 2010, n’a pas été épargné, même si on a surtout voulu frapper ses adversaires par la bande. Peut-être une exception à la règle énoncée plus haut… Règle reconfirmée par la scène se déroulant à l’association des écrivains.

L’Islande ayant eu son propre scandale d’abus sexuels commis par des prêtres révélé cette année, on n’a pas manqué le clin d’oeil…tout comme ici, avec “Les Arriérés”.

Enfin, un sketch qui aurait pu tout aussi bien passer au Québec. Des enfants dansent autour d’un sapin de Noël où l’ange est recouvert d’un sac de plastique. Chaque fois que la chanson contient un “mot religieux”, une fonctionnaire de la commission des droits de la personne sonne une alarme pour le couvrir. Référence: la commission des droits de la personne de la ville de Reykjavik qui interdit le prosélytisme religieux dans les établissements primaires et pré-scolaires de la capitale… Yolande James, allô!

Quelques “imités” ont affirmé aux médias que les parodies sont meilleures que les originaux… Je sais pas si nos politiciens québécois diraient la même chose.

Et comme j’ai lu sur Facebook, à un lien vers le vidéo, que “c’est bon même sans connaître la langue”…